Décidément, je suis plutôt mal inspiré dans le choix de mes lectures ces derniers temps.

J’ai choisi le roman de Philippe BESSON paru au début de l’année 2019chez JULLIARD sous un titre assez neutre “UN CERTAIN PAUL DARRIGRAND” essentiellement pour sa couverture : la photographie qui l’illustre est plutôt bien réussie. Je reconais qu’il y a des critères plus fins pour décider d’une lecture, mais je suis comme cela …

Mal m’en a pris!

En fait, je n’aime pas le voyeurisme, les trous de serrure, pas plus que les portes qui ne sont ni franchement ouvertes ni définitivement fermées.

J’aime encore moins l’étalage sur la place publique de soi, de son intimité, de ses secrets, de ses difficultés et ses angoisses personnelles.

Je n’ai pas aimé pas la télé-réalité comme je ne n’aimais pas les émissions de déballage intime de Jean-Luc Delarue.

Je n’ai pas aimé les “Confessions” de Jean-Jacques Rousseau.

Il n’est pas donc étrange que j’ai pas du tout aimé “Un certain Paul Darrigrand”. L’auteur s’y raconte avec talent, je le reconnais. Certains passages sont bouleversants, notamment ceux où il évoque les prémisses de sa maladie.

Mais franchement, les détails de sa relation intime avec un garçon ne méritait pas qu’on usât d’autant de papier de d’encre. Je ne le condamne pas, cela ne me regarde pas, mais cela ne m’apporte rien en tant que lecteur, sinon de partager une intimité qui ne m’intéresse pas.

Mais Philippe BESSON semble être en odeur de sainteté auprès chez les critiques parisiens, en mal je suppose de sensationnalisme et de détails croustillants.

“REMARQUABLE” estime François Busnel dans L’EXPRESS.

Le qualificatif de “durassien” revient souvent à propos du style de Besson comme chez ClairE Chazal dans VERSION FEMINA ou Jean-Claude Perrier de LIVRE HEBDO.

Même Jacques Franck dans LA LIBRE BELGIQUE y va de son tombereau de louanges : “une plume à fois scalpel et archet”.

Marie Rogatien du FIGARO MAGAZINE utilise les mots de “justesse”, “tendresse”, “rudesse” pour parler de Philippe Besson : ces mots riment mais expriment-ils la vérité?

Peut-^^etre, car Philippe BESSON écrit fort bien (c’est la moindre politesse d’un auteur envers ses lecteurs que beaucoup n’ont pas en effet) mais il manque terriblement d’imagination.

Parler de soi, même en changeant de technique, évoquer ses préférences sexuelles, surtout quand c’est dans l’air du temps, ne fait pas forcément un grand écrivain : le lecteur se lasse vite! Pas plus d’ailleurs que de publier des ouvrages de circonstance ou de commande, sinon de complaisance : je pense à “Vivre vite”, consacré à James Dean, paru l’année du 50ème anniversaire de la mort de l’acteur, je pense aussi à “Un personnage de roman” consacré à la campagne présidentielle de Emmanuel Macron) . Mais en ces temps de disette littéraire, on consomme ce que l’on trouve sur les rayons des libraires!

Pour moi, roman à éviter donc, ne présentant aucun intérêt particulier !