CITOYEN HMIDA

19 avril 2018

1968 : il y a un demi-siècle le monde bouillonnait

Les médias français nous rabâchent les oreilles depuis quelques semaines avec le cinquantième anniversaire de leur “MAI 68” comme si ce qui s’est passé à Paris et dans quelques villes françaises avaient ouvert une espèce de boite de pandore qui allait révolutionner le monde entier!

Bien sûr les événements de Mai 68 ont été importants pour la France : ils ont laissé des séquelles plus sociétales que sociales, politiques ou économiques. La société française – coincée par des années de gaullisme puritain et de douce croissance – s’est libérée, certes mais cette année là a été importante pour le monde entier!

En 1968, la plupart des pays du monde ont connu des événements d’une extrême gravité pour le déroulement ultérieur de l’histoire de l’humanité mais cinquante ans plus tard semblent ces événements semblent s’être dilués dans la mémoire collective des hommes sans laisser de traces.

Les premières semaines de cette année 1968 ont connu un tournant majeur dans la guerre du Viet-Nam avec l’offensive du Têt. ! Après cette offensive, plus rien ne sera pareil en extrême-orient et les USA commencé à perdre la guerre du Viet-Nam. La suite mènera à leur débâcle totale et en avril 1975 à l’évacuation humiliante du dernier contingent américain par hélicoptère à partir du toit de l’ambassade américaine de Saïgon.

MAIS QUI SE SOUVIENT ENCORE DE CELA ? Cette défaite, cinglante et sanglante, marquera très profondément les USA, dirigeants, politiques, militaires et population et plus jamais les armées américaines n’interviendront de la même manière en dehors de leurs frontières!

L’année 1968 se terminera sur le massacre des étudiants de MEXICOquelques jours avant l’ouverture officielle des Jeux Olympiques.

Voulant assurer le bon déroulement des Jeux, le président mexicain ordonne à l’armée de tirer dans la foule des étudiants en grève depuis plusieurs semaines : 300 morts sur la place des Trois Cultures.

Les JEUX OLYMPIQUES ont bien eu lieu et le monde n’en gardera comme souvenir sportif que le record du monde de saut en longueur en longueur de Bob BEAMON avec une performance de 8,90 mètres qui a tenu jusqu’en 1991 et l’image, plus symbolique celle-là, de deux athlètes américains médaillés tendant leur poing ganté de noir pour protester contre la situation des afro-américains.

 

Entre ces deux événement , le monde connu durant tout l’année 1968 moult événements plus dramatiques les uns que les autres et dont les conséquences continuent à marquer le monde un demi-siècle plus tard :

Des assassinats politiques ….Martin LUTHER KING, le leader de la communauté noire américaine , assassiné le 4 avril et dont le combat est encore à l’ordre du jour aujourd’hui encore!

Quelques mois plus tard, une autre figure emblématique des USA est abattue : Robert KENNEDY, durant sa campagne des primaires démocrates pour la présidencielle de son pays.

Toute cette année 1968 sera ponctuée de mouvements sociaux et estudiantins, partout dans le monde, avec chaque fois un lot de victimes plus ou moins importants, de blessés, d’arrestations, de casse et de revendications:

– février : manifestations des étudiants à Rome.

– mars : troubles dans les université polonaises

– Pâques: émeutes dans les universités en Allemagne.

– avril : trois jours de lutte ouverte contre le franquisme menés par les étudiants et les travailleurs en Espagne.

– mai : mouvements estudiantins très violents à Tokyo qui connait une véritable guérilla urbaine.

– juin : Zurich et Montréal connaissent des manifestations d’étudiants sévèrement réprimées (Lundi de la Matraque) et la Turquie enregistre plusieurs occupations d’usines.

– août : manifestations à Chicago contre la guerre au Viêt-Nam et contre le “american way of life”.

– octobre : manifestations en Irlande du Nord.

Bizarrement, l’Angleterre a échappé à ce vaste mouvement de contestation social et estudiantin : en effet, les facultés anglaises en étaient encore à la découverte du marxisme!

Pendant ce désordre permanent et mondial, une autre partie de l’histoire se jouait avec le printemps de Prague et ses conséquences : le socialisme à visage humain voulu par Alexander DUBCEK, le président tchéchoslovaque, a débouché sur l’invasion et l’occupation de la Tchécoslovaquie par les blindés de l’Armée russe.

C’était le début de la fin – encore lointaine, j’en conviens – du communisme stalinien et plus généralement d’une certaine extrème-gauche.

Qui se souvient de l’étudiant tchécoslovaque qui s’était immolé par leu pour protester contre cet invasion …Personne, sauf ses parents!

Les pays arabes, encore traumatisés par la terrible défaite de l’été 1967 face à l’armée israélienne, ne sont pas touchés par cette vague de protestations sociales et estudiantines, sauf peut-être le Maroc, où malgré l’état d’exception imposé depuis 1965, les syndicats professionnels et étudiants essaient de survivre en organisant des grèves sporadiques, vite réprimées.

Ainsi, l’année 1968 n’est pas une année spécialement marquée par ce que les français appellent leur “MAI 68” : le monde à l’époque était en ébullition, les tensions sociales étaient exacerbées, les solutions proposées par les gauches de l’époque incapables de répondre aux attentes des peuples, le clivage gauche-droite touchait à son paroxysme, les syndicats voulaient s’imposer, la croissance économique due au plan Marshall et à la reconstruction d’après-guerre s’essoufflait, les sociétés aspiraient à plus de liberté et voulaient prendre le temps de vivre un peu!

Tout cela a explosé en 1968, sporadiquement ici est là dans le monde …Pour laisser quoi? Certains parlent d’un monde nouveau….d’autres de rêves brisés…d’aucuns ont traversé cette période sans s’en rendre compte!

Ainsi va la vie…Ainsi va l’histoire!

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17 avril 2018

UN ROMAN DONT ON PEUT SE DEMANDER A QUOI IL RIME

Dès que je découvre un roman marocain écrit en français, en général, je me précipite et me dis que je vais enfin trouver la perle rare, le livre qui va m’enthousiasmer, me faire réver, me réconcilier avec les auteurs qui ont permis à la littérature marocaine francophone d’exister.

Et très souvent, je suis déçu….Je le dis, je l’écris, clairement, en toute conscience, car je trouve que ce n’est pas en reprenant les quatrième de couverture rédigées par les équipes de l’éditeur – dont le seul but est de vendre son produit – que les lecteurs et ceux qui communiquent sur le livre marocain participeront à son essor!

Il en est ainsi du dernier roman que j’ai tenté de lire : “LE SILENCE BLANC” de Mokhtar CHAOUI, paru en 2015 chez les éditions SALINA.

Une première remarque s’impose en ce qui concerne le choix du titre du roman : Mokhtar CHAOUI, docteur d’Etat es lettres, enseignant-chercheur à la faculté des lettres et des sciences humaines de Tétouan où il enseigne La littérature française et la méthodologie de recherche, ne pouvait pas – en principe – ignorer que “LE SILENCE BLANC” était le titre d’une nouvelle très connue de l’américain Jack LONDON, certes datant de 1899-1900 mais quand même traduite et publiée en français en 2015.

Pour moi, ce n’est pas un détail, considérant l’auteur comme un enseignant en “méthodologie de la recherche”!

Pour en revenir au roman en tant qu’oeuvre, le sujet devrait permettre la construction d’un beau projet littéraire : la rencontre d’une enfant marocaine et d’un artiste et écrivain français.

Cette rencontre, impropable et peu crédible, croise le destin “d’une enfant du Maroc profond, vendue comme bonne par ses parents” : et bien sûr, cela nous plonge dans le misérabilisme le plus misérable, avec son lot habituel de scènes où la misère est de mise, car le Maroc profond ne peut être que misérable!

Oui, je veux bien, chacun a sa manière de voir son Maroc..

Mais poruqoui donc Mokhtar CHAOUI se croit-il obligé de m’infantiliser en tant que lecteur en recourant à une langue française déformée, qui n’est ni du français ni du marocain …ni le sabir que les marocain/es parlent dans leur vie quotidienne!

Pourquoi dès les premières lignes de son roman, m’inflige-t-il ce “baba dialy” ce “Rebbi qui sait tout” ou encore ce “koulchi” et surtout ces “pouquoi” ou “kikchose”…Non, Monsieur Mokhtar CHAOUI, je ne lis pas unr rioman écrit par un universitaire pour y trouver ces enfentillages?

Même si la critique semble trouver votre écriture est à “couper le souffle”, selon l’éditrice Anita Benchenko : pour moi, elle est surtout à couper tout intérêt pour la lecture de votre roman!

Dommage car le sujet du roman est d’une importance capitale : des milliers d’enfants de ce pays vivent dans des conditions plus que déplorables, parfois inhumaines, entre misère et pédophilie, entre exploitation et rejet, entre déchéance et désespoir!

Encore une fois, pourquoi publier un livre juste pour le plaisir de voir son nom imprimer sur une couverture?

Un livre a un rôle qu’il faut respecter et honorer : dommage qu’un professeur de littérature s’en serve pour recueillir les bonnes grâces des critiques étrangers..

Et nos journalistes participent à cette mascarade littéraire en la glorifiant jusqu’au ridicule ou en reprenant fidèlement les élans publicitaires de l’éditeur.. Auraient-ils été aussi enthousistes s’ils avient vraiment lu le roman dont ils parlent?

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10 avril 2018

UN LIVRE A LIRE, A RELIRE et A FAIRE LIRE §

Nous connaissons tous pratiquement Christiane TAUBIRA, cette femme politique française née à Cayenne, en Guyane. Nous connaissons son engagement, sa fougue et aussi son talent d’oratrice : la coupole de l’Assemblée Nationale française résonne encore aujourd’hui de sa voix si caractéristique quand elle a déclamé le poème de son “compatriote” Léon Gontran DAMAS.

Cette femme si particulière, auteur déjà d’une bibliographie importante politique et engagée, a publié en 2015 chez les éditions Philippe REY un petit livre absolument remarquable intitulé “L’ESCLAVAGE RACONTE A MA FILLE” qui est en fait comme le précise l’éditeur “une version version remaniée et augmentée d’un ouvrge portant le même titre et paru en 2002 aux Editions Bibliophane“.

Ce livre s’inscrit dans la démarche pédagogique de Christiane TAUBIRA pour promouvoir “une histoire à connaitre et à interroger”. qui a suivi la promulgation de la loi du 23 mai 2001 dont elle a porté le projet et qui qualifie de crime contre l’humanité la traite négrière et l’esclavage.

Véritable cours d’histoire de l’esclavage, le livre de Christiane TAUBIRA est un réquisitoire implacable contre tout ce qui a pu contribuer à justifier ou pire à légitimer cette pratique inhumaine!

L’auteur n’a épargné aucun coupable à ce crime contre l’humanité : ‘église, catholique avec le rôle plus que trouble joué par certains papes, ou protestante les philosophes que l’on qualifie aujourd’hui de grands esprits d’Aristote à Tocqueville chantre le démocratie ou Hegel, les hommes politiques de Colbert et son Code Noir à Napoléon qui a rétabli l’esclavage que la Révolution avait aboli, des religions en général comme l’islam qui n’interdit pas explicitement cette pratique à l’instar de la Bible, les bourgeoisies européennes des ports négriers, comme Nantes et le lien entre colonisation et esclavage en revenant sur deux cas historiques très particuliers : celui de l’Algérie et celui de Haiti.

Il faut souligner que si pour Christiane TAUBIRA, elle-même descendante d’esclaves qui se sont soulevés contre leurs maîtres, “la réparation s’impose“, elle refuse – et c’est tout à son honneur – l’idée d’une réparation financière individuelle!

Autre point important soulevé dans le livre : le fait que la notion de “déportation” n’ait pas été retenue pour qualifier le sort “de millions de personnes capturées, marquées au fer, vendues, transportées à fond de cale d’un continent vers un autre”.. En effet, le mot “déportation” est réservé exclusivement aux juifs durnt le Seconde guerre mondiale.

Le livre de Christiane TAUBIRA fourmille ainsi de remarques, d’observations, d’informations, de réflexions, qui en rend lA lecture passionnante et instructive à chaque page et qui souvent vous prend à la gorge par l’atrocité des faits racontés sans haine, juste racontés pour informer et expliquer.

On est très loin des mièvreries et des banalités alignés dans la série de textes du genre “Le racisme expliqué à ma fille”, ou “Auschwitz raconté à ma fille”, “Les religions expliquées à ma fille”, ou “Le changement climatique expliqué à ma fille”

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08 avril 2018

Même quand Ilyas OMARI écrit, il reste toujours aussi énigmatique

Après avoir buté sur le sens du titre (” تحولات الجماعات الإسلامية ، التنظيم العالمي للإخوان المسلمين أنموذجا “) et avoir été brillamment éclairé à ce sujet par deux amis facebookeurs, j’ai entrepris la lecture de l’ouvrage rédigé en arabe d’Ilyas OMARI, le Secrétaire Général du Parti Authenticité et Modernité, et paru au début de l’année 2018 chez la maison d’édition tangéroise VIRGULE sous le titre «Mutations politiques des groupes islamiques, les Frères musulmans comme cas d’étude»

J’avoue d’emblée que cette lecture est ardue et à la limite rébarbative.

L’auteur a voulu produire une oeuvre académique , ce qui n’est pas spécialement le genre que l’on attend d’un homme politique!

Cependant, il faut reconnaître et saluer la démarche de Ilyas OMARI : en effet, les hommes politiques, chez nous comme sous d’autres cieux, écrivent et publient soit pour justifier leurs actions et leurs positions, soit pour certains, moins nombreux et plus modestes, expliquer leurs échec éventuellement.

Ilyas OMARI a choisi d’étudier de manière académique ses adversaires politiques déclarés, à savoir la mouvance islamiste qui déferle sur le monde arabe depuis des décennies et qui finit par atteindre le Maroc et même prendre la tête des suffrages lors des élections législatives de 2011 et 2017 et lors des dernières consultations locales de 2015.

Dans son ouvrage, très documenté – 43 pages d’annexes et de bibliographie – essaie de démontrer le maillage qui existe entre les différents mouvements islamistes à travers le monde arabe, maillage qui serait sous-tendu, soutenu et dirigé par le Mouvement des Frères Musulmans égyptiens, avec une optique supranationale, mettant le Mouvement au dessus de la nation.

L’ouvrage a le très grand mérite de poser clairement le problème qui trouble beaucoup de marocain/es qui ne comprennent pas pourquoi notre pays en est arrivé à situation politique actuelle.

Apporte-t-il les réponses convaincantes? Chacun est libre d’en apprécier la teneur et la justesse, mais au moins avec l’ouvrage de Ilyas OMARI il peut le faire en se référant à des faits, des déclarations, des documents, des repères idéologiques, des analyses qui concernent l’ensemble du mouvement islamiste dans le monde arabe et même en occident.

Finalement, que veut prouver Ilyas OMARI par son travail :

1/ que les Frères musulmans nés en Egypte visent à créer “un état islamique”?

2/ que le Parti Justice et Développement marocain est une métastase du Mouvement des Frères Musulmans?

La deuxième question est pour nous les marocains extrêmement préoccupante bien que ilyas OMARI semble entrevoir un échec certain dans le projet global “frériste”.

Eb tous cas, l’auteur tire clairement le signal d’alarme et il est bon qu’un homme politique, même aussi controversé et énigmatique, que Ilyas OMARI aborde frontalement ce problème.

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31 mars 2018

VOYAGE EN "NEGRONESIE" FANCAISE ...

Après le voyage en "Musulmanie", nouvelle province française, je viens d’entreprendre un périple en “Négronésie française“, cette très ancienne province française, mais comme son nom l’indique elle est multiple est diverse!

NEGRONESIE …Je me suis permis ce néologisme (bâti sur le modèle Polynésie : îles nombreuses) quand j’ai découvert grâce à l’ouvrage de Stephan SMITH et Géraldine FAES édité en 2006 par la maison PANAMA sous le titre “NOIR ET FRANÇAIS!” qu’il existe en France une multitude d’îles sociales marquées par la couleur noire de la peau de ceux qui les habitent.

On pensait que le racisme social – blancs VS noirs et vice-versa – était l’apanage des la société nord-américaine malgré leur fameux melting-pot.

La France a ses noirs et elle n’assume pas cette situation. Cela remonte à l’Ancien Régime et depuis chaque siècle a engrangé son lot de noirs ou de nègres ou de gens de couleur, en les affublant de qualificatifs plus ou moins farfelus pour ne pas dire méprisants : du Code Noir mis en place par Colbert pour réglementer l’esclavage et la traite des noirs, l’homme noir en France est passé du statut de “bête de scène” (explosé dans les foires et les expositions) et de “indigène” ‘exploité jusqu’à la dernière goutte de vie, à celui de “auxiliaire“, chargé de mater la résistance de ses propres frères exploités, enfin à celui de “immigré” reçu sur le territoire de la métropole en manque de main d’oeuvre.

Le noir français n’est devenu “compatriote” qu’après la deuxième guerre mondiale après que des milliers d’africains aient donné leur vie pour libérer la France contre une solde de misère. La France a eu un président de Sénat issu des Territoires d’Outre-Mer et des députés et ministres africains.

Cette longue et douloureuse histoire a laissé des traces, des stigmates, des rancœurs, des rancunes, des comptes non soldés, des espoirs inassouvis et des promesses non tenues!

La France a eu des grands intellectuels qui ont défendu le concept de “négritude“avec talent et passion, comme le sénégalais Léopold Sédar Senghor ou le martiniquais Aimé Césaire, alors que d’autres non moins brillants ont critiqué cette idée comme Cheikh Anta Diop.

De tout cela, il en résulte qu’au début du XXIème siècle, la France se trouve confrontée avec sa “question noire” qui est entretenue et amplifiée par toute une frange d’intellectuels de couleurs, qui vont jusqu’à chercher les origines de leur “africanité” dans l’histoire de l’Égypte ancienne.

Ainsi on voit dans la société française actuelle, des îlots de population noire qui forme un archipel de contestation et résistance plus ou moins dure sinon violente!

Du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) aux élucubrations de l’humoriste DIEUDONNE, en passant par les prises de position de la romancière d’origine camerounaise Calixthe Beyala et celles de l’auteur-journaliste antillais Daniel Picouly, avec un crochet par les sportifs engagés comme Lilian Thuram, les français d’origine africaine ou ceux natifs des territoires d’outre-mer s’affirment de jour en jour avec une “visibilité” plus grande dans les médias et à la télévision et même dans le monde politique avec des personnalités comme Christiane Taubira!

Les émeutes de décembre 2005 ont surement changé la donne mais toujours est-il que la société française actuelle continue à égrainer son chapelet de “négronésie” sans arriver à constituer une vraie nation une et unie.

 

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26 mars 2018

Voyage en Musulmanie, nouvelle province françaçse.

Avec comme guides Sadek HAJJI, correspondant permanent à Paris du quotidien LIBÉRATION et Stéphanie MARTEAU, journaliste indépendante, les éditions PLON nous invitaient en décembre 2004 à un “VOYAGE DANS KLA FRANCE MUSULMANE

Près de quatorze ans ont passé depuis la publication de ce livre et pourtant les choses ne semblent plus claires, le voyage est peut-être même plus compliqué à effectuer, les itinéraires plus escarpés, les sentiers plus sinueux, les obstacles plus durs à franchir, les populations plus hermétiques et plus méfiantes, les problèmes plus délicats et les réactions des uns et des autres plus nerveuses!

Mais il est de bon d’avoir un point de départ : pourquoi pas 2004 ?

Les auteurs ont choisi donc pour nous faire visiter la “France musulmane” de partir de cas concrets, du terrain, de la vie quotidienne des “musulmans de France” ou des “musulmans français” ou des “français musulmans”. D’emblée, se pose le problème de détermination de cette France : est-elle celle des français de culture musulmane?

Pour tracer leur itinéraire, les auteurs ont choisi quelques étapes caractéristiques où se mêlent le drame, le folklore, la tension, la politique, les médias, le racisme, l’école et bien sûr la laïcité.A chaque étape, ils ont fait appel à des témoins issus du terrain, qui vivent les problèmes des musulmans de France au quotidien.

N’oublions pas que le livre a été publié en 2004, il y a de cela près 14 ans, bien avant les attentats du Bataclan, bien avant la tuerie de Nice, bien avant qu’on n’entende parler de Daech et de soldats du khalifat prêts à détruire la France de l’intérieur, avec les armes les plus rudimentaires, bien avant que des jeune hommes et des jeunes filles abandonnent famille, travail, confort pour aller combattre et mourir en Iraq ou en Syrie.

Autant dire le livre décrit une situation d’un autre temps dépassé, révolu et jurement perdu à jamais!

Avec les Merah, les Salah Abdeslam, avec les Redouane Lakdim, la Musulmanie française devient une province de plus en plus difficile à vivre, même pour les plus assimilés et les plus intégrés des musulmans de France, fussent-ils originaires de l’immigration ou des français de souches convertis!

Qui est responsable de cette situation?

Les musulmans qui n’arrivent pas à s’intégrer?

La France qui n’arrive à assimiler ses musulmans?

La réponse s’est pas évidente mais il faut juste rappeler, comme l’écrit l’hebdomadaire MARRIANE dans son numéro 1092 du 16 au 22 février 2018 (page 49), que la politique de l’immigration de la France a manqué et manque de cohérence : Giscard d’Estaing privilégiait les familles aux travailleurs, Sarkozy voulait choisir ses immigrés, Macron semble favoriser l’asile face à l’immigration de travail.

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19 mars 2018

JERRADA : pourquoi tant de violences?

JERRADA

Qu’on m’explique ces images !Pourquoi tant de violences?

Pour dire sa colère?
Mais la situation actuelle est la même qu’il y a dix ans, rien n’a changé!

Alors pourquoi ces violences maintenant!

Pour attirer les investisseurs?
Soyons sérieux, qui investira un centime dans une ville paumée où règne l’insécurité!

Alors pourquoi ces violences!

Pour réclamer des comptes aux ripoux, élus locaux, provinciaux, régionaux, nationaux, qui ont exploité la population depuis des années?
Qui les a élus, ces ripoux? Ceux-là même qui aujourd’hui veulent qu’ils rendent gorge!

Brûler des voitures, lancer des pierres, détruire des biens, fera-t-il revivre les filons d’anthracite épuisés des lustres?
Sûrement pas, et ceux qui brûlent, caillassent et détruisent le savent mieux que quiconque!

Alors pourquoi ces violences!

Qu’on m’explique pourquoi une ville dont la principale, la seule ressource, la seule activité s’est éteinte au début des années 2000 a maintenu une population de l’ordre de 40.000 âmes ! Seuls ont quitté la ville les mineurs originaires des régions du Sud : les jeunes sont restés attendant un miracle qui ne pouvait pas se produire!

Alors pourquoi ces violences!

Les promesses n’ont pas été tenues? Pouvaient-elles l’être?

On ne crée pas de la richesse ex-nihilo, s’il n’y a ni ressources, ni terres agricoles, ni esprit d’entreprise ni sens de l’innovation!

Reste alors la violence, les violences stupides et irresponsables!

Jerrada avait ses mineurs, ses ingénieurs, ses chasseurs, sa troupe de théâtre, sa vie, ses syndicats, ses bars, ses élèves brillants …Tout cela n’est qu’un vague souvenir que les jeunes ne connaissent pas et dans lequel ils ne reconnaissent pas!

Ils fréquentent les mosquées, écoutent les prêches, regardent les chaines satellitaires et pratiquent la violence dès qu’on leur permet de s’exprimer!

Alors, oui, vu comme cela je crois que je peux comprendre le pourquoi de ses violences!

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17 mars 2018

PETITES LECTURES CROISÉES : textes courts et percutants.

Comme c’est agréable de lire un texte court, bien écrit et percutant!

Paf…on le prend en pleine tronche mais cela fait quand même du bien. Cela rassure de savoir que l’on peut trouver dans les livres quelque chose de vrai, de sincère, parfois de profond sans être ostentatoirement intellectuel.

Ainsi, j’ai découvert “LETTRES A MA GÉNÉRATION” de Sarah ROUBATO, une blogueuse qui a décidé de faire éditer en janvier 2016chez Michel LAFON sur papier ses billets. Et elle a bien fait …

Sarah ROUBATO a connu la célébrité par un de ses billets écrit quelques jours après les attentats meurtriers de Paris de novembre 2013.

Le texte est dur, le ton bouleversant, mais sans haine, juste de la colère et aussi des questions, du genre : “L’aberration de l’acte terroriste ne devrait pas nous empêcher de nous remettre en question. alors que pourrons-nous faire?“.

D’autres billets sont plus sereins, forcément, comme sa lettre à sa maîtresse, où elle se souvient de cette enseignante de CM1 qu’elle n’a jamais oublié : “Vous nous en demandiez tant. Mais vous en donniez tant” lui écrit-elle en ajoutant plus loin ; “Cette exigence, vous l’appliquiez avant tout à vous-même“! Nostalgie d’une enseignante dont le moule est cassé et le modèle disparu.

Entre une lettre à Internet qu’elle aime comme “puissance de diffusion” et qu’elle maudit “comme mode de communication” et une lettre à Emile ZOLA à qui elle demande “ce qu’il penserait de la presse d’aujourd’hui“, elle écrit des lettre à son piano,à une musicienne de rue, ou à un carnet perdu.

En tout, une quinzaine de petits textes forts agréables à lire et tout aussi intéressants et pas nécessairement destinés aux trentenaires, donc des lecteurs de sa génération, mais à tous ceux qui partagent avec elle une certaines visio du mode.

Pour en savoir plus sur cette blogueuse, jetez un coup d’oeil à ce lien : https://www.sarahroubato.com/

Entre la lecture de ces lettres, j’ai pu lire quelques autres petits textes, en fait des nouvelles, réunies, par Fadela AMARA, à l’époque présidente de “Ni Putes ni Soumises” sous le thème MIXITE(S) et publiées en 2007 par les éditions Thierry MAGNIER.

Neuf auteurs de notoriété et d’horizons différents ont, chacun à sa manière, abordé la problématique de la mixité, c’est-à-dire le mélange entre garçons et files, le mélange entre pratiquants de religions différentes, le mélange entre banlieue et centre ville.

La canadienne Nancy HUston et la réalisatrice française Baya Kasmis’en prennent directement à Dieu pour régler ce problème : la première en déclarant haut et fort “Ni Dieu ni cul” à propos de la liberté d’expression qui bride la sexualité et favorise le prosélytisme et la seconde en s’adressant à “Cher Dieu” pour denoncer le racisme qui nait en elle, parce qu’elle détste les arabes, elle qui est d’origine arabe.

l’écrivain français d’origine camerounaise Gaston KELMAN raconte en quelques pages la calvaire d’un de compatriotes qui débarque à Paris, se retrouve dans la même ambiance que celle qu’il a fuie de son village natal, avec la misère en plus et qui, comme un autre de ses compatriotes, tentera de trouver le “sésame de la mixité” qui aura “une vingtaine d’années”, sera “assez dodue de partout et un peu simplette”.

Même Marc Lévy apporte son grain de sel avec une nouvelle sur les relations difficiles entre les français et les “porto” alors qu’ils coexistent tous dans une banlieue pourrie.

Les autres textes sont plus ou moins bien réussis mais chacun touche une facette la mixité ou plutôt des mixités!

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15 mars 2018

JERRADA : le chaos ne fera pas revnir le charbon !

J’ai connu JERRADA des années 1980….C’est à dire à fin de son apogée et au début de se son déclin.

Cette localité située au milieu de nulle part, à une soixantaine de kilomètres au sud d’Oujda, après une déviation vers l’ouest de quelques kilomètres, semblait être plantée au bout du monde. La route d’ailleurs en cul-de-sac quelques kilomètres plus loin, à Haasi-Blal.

Cette ville aurait pu et même dû s’appeler tout simplement “MINA” car la mine de charbon était, depuis les années 1930, l’alpha et l’oméga de toute la vie de la localité et de ses environs. Tout appartenait aux CHARBONNAGES DU MAROC, tout absolument tout ..

De l’école aux bâtiments qui abritaient les services administratifs, de la piscine au centre culturel, avec bibliothèque et théâtre, des services sociaux et sanitaires, des logements les plus confortables au plus rudimentaires ….

Il faut dire que le charbon extrait était de bonne qualité, de l’anthracite, malgré des conditions d’exploitation très difficiles et il s’écoulait facilement. Ainsi les mineurs, dont une majorité venait de nos provinces du Sud, ces mêmes provinces qui fournissaient la main d’oeuvre aux mines françaises du Nord et de Lorraine, ont pu continuer l’extraction jusqu’à ne plus pouvoir tenir le cap de rentabilité.

Cet article de L’ÉCONOMISTE résume parfaitement les difficultés qu’a connues Jerrada et sa mine.

D’autres villes à travers le monde ont connu ce genre de destin : elles se comptent par dizaines, par centaines et elles sont situées dans les pays les plus riches de la planète et dans les zones les plus ruculées du monde.

JERRADA n’est pas une exception unique au monde : ce qui est exceptionnel, c’est peut-être la gestion administrative et politique de la situation.

Les élus, les syndicalistes et surement les agents de l’administration ont dû trouver dans le malheur de cette ville et ses habitants de quoi aliments leurs vilenie, leurs appétits et leurs ambitions.

Ailleurs, quand une mine est désaffectée, après épuisement des gisements, quelque en soit la nature, on la ferme et les habitants vont chercher à refaire leur vie ailleurs!

Il ne faut pas aller au bout du monde pour constater ce phénomène tout à fait naturel.

En restant dans la région d’Oujada, rappelons que Touisit et Boubkerétaient deux petites localités très vivantes grâce aux mines de plomb et de zinc. Actuellement, elles sont bien loin de la sutuation florissante qu’elles connaissaient il y a quelques décennies.

Quelques centaines de kilomètres à l’ouest, dans la région de Nador, la localité d’Ouxen vivait à l’heure européenne quand la mine de fer était exploitée. Actuellement, on n’y trouve plus que des belles villas abandonnées!

Un simple clic sur Google pour rechercher : “villes abandonnées” , permet de lister un chapelet impressionnant de cités plus ou moins importantes, qui ont vu leur sort péricliter du fait de problèmes économiques ou de phénomènes naturels. La ruée vers l’or du XIXème siècle siècle a laissé mourir derrière elle bien des villes de plusiurs dizaines de milliers d’habitants. L’arrêt de l’exploitation de mines de charbon, de cuivre, d’argent a créé des villes fantômes un peu partout dans le monde.

JERRADA n’est donc pas une exception à ce phénomène prévisible.

Ce ne sont surement les manifestations ni encore moins les actes de violence qui y changeront quoi que soit : l’exploitation politique de la misère de la population ne peut mener qu’au chaos!

Et ceux qui préparent ce chaos savent très bien à quoi ils jouent et ce qu’ils veulent mais ne semblent pas en mesurer les conséquences!

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13 mars 2018

Un roman qui décrit une réalité marocaine effarante ....

Quand j’ai entamé “MON AMI CE FUTUR TERRORISTE, de Amar NABIL, paru durant l’été 2017 chez les éditions EDDIF-La Croisée des Chemins, j’ai l’ai refermé au bout de quelques pages! La fatigue peut-être, ou simplement la première scène m’a parue sans intrêt particulierMais le style vif et précis m’a etenu et je n’ai plus lâché le roman.

Le roman décrit avec une précision chirurgicale le cheminement d’un jeune homme, frais émoulu d’une école d’ingénieurs; vers l’islamisme radical et vers l’activisme islamiste.

Rien ne laissait prévoit cette démarche : Hicham ne manquait ni d’aisance matérielle, ni d’équilibre familial, ni de stabilité sociale, entouré d’une famille aimante, de l’amitié profonde de son ami Ali.et de l’amour de la jeune et fringante Hayat.

Pourtant en quelques semaines, Hicham a changé et rien ne semble pouvoir arrêter sa descente aux fins fonds d’un monde qu’il ignorait quelques semaines auparavent.

Le roman de Nabil AMAR a le très grand mérite de nous guider à travers le dédales de cette transformation par des discussions très argumentées entre les deux amis et entre entre Ali et les nouveaux compagnons de Hicham.

L’intérêt du roman est de montrer comment un jeune homme instruit, cultivé, bon vivant et parfaitement équilibré peut subir l’influence de ces nouveaux gourous d’un islam rigoriste et archaïque.

Ce roman est à lire absolument, parce qu’il met à nu certaines éléments que les parents doivent décéler dans le comportement de leur progéniture afin de réagir à temps pour empêcher l’irréparable.

La radicalisation n’est pas forcément fille de la misère et elle peut atteindre n’importe quel jeune à n’importe quel moment, même quand tout semble devoir aller pour le mieux.

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