CITOYEN HMIDA

17 janvier 2019

UN CONTE QUI SE LAISSE LIRE

Il est agréable d’ouvrir un livre dont on ne sait rien, ni de son auteur, ni de ce que en ont dit les prétendus “critiques” qui reproduisent très souvent les même phrases que celles de la quatrième de couverture, et de se laisser prendre par cette lecture, par cette découverte en fait !

Il en est ainsi de LE LUTTEUR3 de Moulay Seddik RABBAJ paru en 2015 aux éditions LE FENNEC.

Pourtant, je tiens à signaler que, une fois encore, les éditeurs – pourtant sérieux – n’ont pas pas accompli leur travail avec tout le soin voulu : la lecture de ce livre est entravée par une série de fautes d’impression, qui ne sont pas du tout le fait de l’auteur mais relèvent de l’inattention ou l’incompétence des correcteurs !

Revenons au roman proprement dit …Etant donné le sujet qui sert de toile de fond, il eut été intéressant de poser des repères historiques plus précis pour situer l’action dans l’histoire du Maroc ..On y parle de nomades, de zayouya, de tribus guerrières, d’esclaves, de razzias, de reconquête spirituelle, de pouvoir central, de tribus qui se révoltent, de transhumance, de djinns bien sûr et de croyances ancestrales, mais sans aucune indication pouvant placer les événements ans le cours de l’histoire du pays!

Le tout est assez bien présenté, la lecture est attachante, les événements décrits avec un art certain de l’écriture ; les personnages ont une psychologie parfaitement adaptée à leurs situations.

Le roman tient plus du conte que du roman. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la dernière page, péripétie après péripétie, il suit le héros – un jeune noir et sa petite famille, dont la tribu a été décimée lors d’une razzia menée par une tribu voisine à la recherche d’espace vital. Et jusqu’au dernière épisode qui laisse prévoir une suite – l’intérêt ne faiblit pas.

LE LUTTEUR est le héros de ce roman mais en fait le véritable personnage central en est l‘énigmatique et surtout ambitieux cheikh, patron de la zaouuya qui a accueilli le futur lutteur, qui l’a formé aux arts de la guerre et l’a transformé de descendant d’esclaves, mal intégré à la société, en homme libre et responsable.

Evidemment, un conte ne peut exister sans une histoire d’amour, malheureuse comme il se doit mais un conte reste un conte!

Le roman de Moulay Seddik RABBAJ ne restera peut-être pas dans les anales des grandes œuvres littéraires marocaines mais je vous conseille de le lire.

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12 janvier 2019

RÉVOLUTION : un titre bien mal à propos

Le livre d’un homme politique n’est, bien sûr, jamais neutre ni innocent ! Soit il justifie l’action passée de l’auteur, soit il explique son actuelle immédiate soit le plus souvent il trace les voies de son éventuelle action future!

REVOLUTION, publié en novembre 2016 chez les éditions XO, par le surprenant candidat à l’élection présidentielle Emmanuel MACRON, s’inscrit très logiquement dans cette troisième catégorie.

Mais dans les conditions que vit la France en ce début de l’année 2019, après une fi d’année plus que mouvementée du fait du mouvement des “Gilets Jaunes”, le texte d’Emmanuel MACRON prend un tout autre sens.

Si les trois premiers semestres du quinquennat de Macron semblent donner au nouveau président l’occasion de concrétiser ce qu’il espérait ou promettait pour son pays, depuis quelques semaines la situation s’est inversée de manière inattendue et surtout probablement irréversible!

En tous cas, la lecture de cet ouvrage prête parfois à sourire tant le décalage est grand entre ce que voulait dire Macron et la réalité sur le terrain en ce début de l’année 2019.

Telle première phrase du livre qui annonce crânement : “Affronter la réalité du monde nous fera retrouver l’espérance“. Je ne crois que ce soit le cas en cooccurrence.

Quelques lignes plus loin, Macron regrettait que “le repli ou la guerre civile constituent notre seul horizon“. Dommage pour la France, mais avec la tension que connait actuellement son pays, il semblerait que Macron n’ait pas évalué à leur mesure les dangers qui pesaient sur la France qu’il s’apprêtait à conquérir.

Bien sûr il a parler dans les pages qui suivent “du doute qui s’installe dans notre société” , mais en a-t-il tenu compte une fois au pouvoir?

Tout au long de sa “RÉVOLUTION” a développé des idées qui au moment de la pré-campagne présidentielle pouvaient avoir un impact certain – avec parfois un coté assez grandiloquent comme les chapitres intitulé “Produire en France et sauver la planète” et “Pouvoir vivre de son travail” et encore “Réconcilier les France“.

La réalité du terrain, près de deux après son investiture, apparaît comme à l’extrême opposé de ses prétentieux livresques : ces trois sujets sont à la base même du mécontentement généralisé qu’expriment ses compatriotes autour des ronds-points, dans les manifestations et les points de blocage.

Saura-i-il, comme il le prétend dans le dernier paragraphe de son livre, “Rendre kle pouvoir à ceux qui font“.

Ce sera le pari de son quinquennat! S’il le réussit, il restera dans l’histoire de France comme un grand président qui aura sauvé son pays du chaos! S’il échoue, il passera à la trappe de l’histoire après comme quelques uns de ses prédécesseurs plus ou moins proches.

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04 janvier 2019

Une véritable boite à merveilles

L’auteur est marocain : Ahmed SEFRIOUI. Tous les marocains de ma génération ont lu et apprécié, d’autant que sa bibliographie n’a rien de prolifique ni de particulièrement hermétique, bien au contraire.

La jeunesse actuelle redécouvre l’auteur depuis qu”un de ses romans a été inscrite au programme de la première année du baccalauréat maroc&in, ce qui est une excellente initiative.

L’oeuvre en question date de 1954 et elle a été publiée chez les éditions SEUIL. Il s’agit de : “LA BOITE A MERVEILLES

Les personnes de ma génération ont toutes connu ou vécu des scènes décrites dans ce roman, certes autobiographique mais qui dépasse le stade de simple récit biographique d’un enfant de la médina de Fes au mitan du XXème siècle.

Rien de spécialement passionnant dans ce que nous narre Ahmed SEFROUI : il décrit la vie quotidienne d’une petit garçon, de sa famille, de ses voisines, de sa rue. Mais il use d’un talent unique dans l’écriture et d’un sens de l’observation qui ne laisse rien échapper au regard d’un enfant.

Pionner de la littérature marocaine francophone, Ahmed SIFROUI s’est souvent vu reprocher son manque d’agressivité dans ses œuvres envers les autorités françaises et le régime du protectorat qu’il a connu dans sa jeunesse. On oublie par ailleurs qu’il a pratiqué le journalisme dans le quotidien nationaliste L’ACTION DU PEUPLE créé à Fez par le leader politique Mohamed Hassan OUAZZANI. Cette publication francophone portait comme sous-titre cette formule on ne peut plus claire : “Organe de défense des intérêts marocains. Une autre manière d’utiliser la langue de l’occupant pour le combattre“. Ahmed SEFROUI a été également un homme de culture et un défenseur du patrimoine de sa ville qui lui doit la création du musée AL BATHA.

En tous cas, l’auteur de LA BOITE A MERVEILLE – à la différence d’autres écrivains francophones marocains – a évité le misérabilisme dont certains ont fait leur fonds de commerce sans pour autant se délecter dans l’angélisme et la béatitude.

A mon sens, ce roman devrait être lu par tous les jeunes marocain/es, surtout ceux qui ont grandi dans un Maroc moderne et dans des écoles privées ou étrangères.

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27 décembre 2018

Madame “TAAAAZI” n’aime pas le pipi de LORD

LORD, l'adorable labrador de ma fille aînée, a ses mamies : il est très propre à la maison mais pendant ses promenades, il aime s'arrêter très, très très souvent pour se soulager.

Contre un tronc d'arbre, un réverbère, un mur, une touffe d'herbe, une roue de voiture..cela dure 3 secondes et il repart pour s'arrêter un peu plus loin ...

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Ce matin, il s'arrête devant la roue d'une belle AUDI noire, aux fenêtres fumées, il dépose son tout petit pipi et on repart.

Quand soudain, j'entends une voix tonitruante m'interpeller en vociférant que c'était indécent que ce chien salisse la roue de cette voiture, qu'il était mal dressé, et qu'il méritait chatiment ..

C'était une dame, très BC-BG, un voile à l'iranienne jeté sur ses cheveux, des lunettes posées sur son front, qui gesticulait et qui criait contre Lord, conte nous en fait.

J'ai donc essayé de m'excuser, de nous excuser, de lui faire comprendre que je n'avais aucun pouvoir sur le pipi de l'adorable animal. Elle passa à la vitesse supérieure et commençà à proférer du n'importe quoi au milieu une petite foule qui s'est vite formée devant l'école privée où cette dame avait stationnée son beau véhicule de luxe.

Je suis un vieux monsieur très calme, très poli mais qui n'aime pas qu'on lui marche sur les pieds et révérence parler qu'on le fasse "chier" de bon matin !

Je respirai donc un bon coup et lui ait :

"Lalla, LORD que je vous présente, n'a pas jugé votre charrette digne de recevoir son caca, il s'est contenté de l'arroser d'un petit pipi sans intérêt! J'aurais préféré qu'il conchie* votre AUDI".

Lord - qui était gentiment assis lors cette altercation - a compris que l'incident était clos, il s'est levé et nous avons continué notre promenade, laissant cette mijaurée plantée au milieu d'une groupe de parents hilares!

(*conchier : Souiller d'excréments)

 

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17 décembre 2018

“قاع الخابية” vaut-il “Le fond de la jarre”?

Quand j’avais lu il y a une quinzaine d’ années, le roman de Abdelatif LAABI, paru chez GALLIMARD en 2002, sous le titre LE FOND DE LA JARRE, j’avais été ébloui par la pureté de son style autant que par le précision des descriptions, la pertinente vraisemblance des personnages, la fluidité des dialogues et surtout par la facilité agréablement déconcertante de Abdellatif LAABI à reproduire en français toute une série de “marocanismes” que l’on pouvait considérer comme intraduisible.

Abdellatif LAABI avait su parler de l’enfance d’un petit marocain de la médina de FEZ au cours de la décennie 50, avec une tendresse acide très agréable à lire, car on n’y percevait nul musérabilisme ni nul étalage inutile, juste la vie tel que beaucoup de marocain/es la vivaient à l’époque.

Je ne dois pas beaucoup me tromper en affirmant que l’on retrouvait beaucoup de Ahmed SEFROUI dans le roman de Laabi, et certainement beaucoup moins de Abdelhak SARHANE.

Plus de cinq lustres après la lecture, j’ai encore en mémoire certains passages de ce roman que beaucoup de mes proches, à qui je l’ai fait découvrir ou je l’ai offert car j’étais sûr qu’ils partageraient le plaisir que j’ai eu à le lire, ont apprécié pour sa finesse doublée d’une grande lucidité.

En en découvrant récemment la version arabe, parue en 2009 chez les éditeurs syriens WARD, dans une traduction de Hassan BOURKIYAsous le titre tout à fait normal de ” قاع الخابية , je me délectais déjà de retrouver les mêmes sensations et peut-être davantage.

J’ai très vite déchanté, dès la lecture de la présentation signée par le critique littéraire Charaf Ed-Dine MAJDOULINE.

Le texte en arabe – revu par l’auteur – semble à mon humble avis de lecteur sporadique de longs textes en arabe manquer de la spontanéité et de la fraicheur que j’avais apprécié ans la version française.

Par ailleurs, le double niveau de langue – un arabe soutenu pour le récit et un arabe dialectal marocain pour les dialogues – dénature complètement le rapport du lecteur avec le texte : Abdellatif LAABI avait su éviter ce piège en utilisant le français, même s’il mêlait parfois à sa prose de nombreux “marocanismes”.

Bien sûr, la description de la société fassie des années 50 garde tout son intérêt mais le plaisir de la lecture n’est pas aussi présent. Dommage!

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14 décembre 2018

Nous sommes, tous et à chaque instant, surveillés …

Nous tous, tant que nous sommes, simples citoyens, consommateurs, usagers des services les plus courants (banque, presse), internautes amateurs et friands des réseaux sociaux apparemment anodins et surtout conviviaux, sommes surveillés en permanence!

Le citoyen est en passe de devenir “une bête d’aveu”, car il a abandonné progressivement une partie de sa sphère privée et de ses droits fondamentaux au profit de sa sécurité.

Dans un livre, paru en 2014 chez CNRS Editions, coordonné par Pierre-Antoine CHARDEL, enseignant-chercheur, philosophe de formation, sociologue, spécialiste des enjeux éthiques du numérique et de l’hypermodernité, divers articles gravitent autour de ce sujet qui nous concerne tous : POLITIQUES SÉCURITAIRES ET SURVEILLANCE NUMÉRIQUE

Cet ensemble d’articles, ardus parfois mais fort intéressants, car bien documentés – chaque article est suivi d’une bibliographie très fournie – et surtout très clairs parce que écrit dans une langue accessible aux néophytes, nous ouvre la voie pour bien appréhender les politiques sécuritaires dans les démocraties modernes.

Cet ouvrage pose la question de l’équilibre entre d’une part le besoin de sécurité de nos sociétésn notamment dupuis l’installation du risque terroriste, et d’autre part le besoin individuel de confiance, d’autonomie et de liberté.

Pas besoin d’être un expert pour mesurer l’intérêt de ce livre!

A lire donc, ne serait-ce que pour fixer la signification de certains concepts ou certains mots qui sont passés dans le langage courant sans que nous en sachions la définition exacte : comme le CLOUD, la BIOMÉTRIE, les TAG, ou concrètement LES LUNETTES GOOGLE ou plus précisément LA SOUSVEILLANCE, – par opposition à la SURVEILLANCE relevant des autorités – exercée par chacun de nous grâce au déploiement massif des dispositif de captation de l’information visuelle et auditive mis à la disposition du simple citoyen.

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11 décembre 2018

PARIS a toujours été "rouge"

En ces temps où Paris est livrée chaque samedi soir à de pseudo-révolutionnaires qui manifestent certes contre la vie chère, pour un plus grand pouvoir d’achat, contre une fiscalité injuste, pour une meilleure répartition des richesses,mais qui finissent par casser, par détruire les biens publics et privés, par piller les magasins, ce livre tombe vraiment à pic.

Remi KAUFFER rappelle dans “PARIS LA ROUGE, Capitale mondiale des révolutionnaires et des terroristes” , paru en octobre 2016 chez les éditions PERRIN, les grands moments de “la capitale française qui depuis deux siècles est la ville d’adoption des révolutionnaires du monde entier”.

Les révolutionnaires de la 25ème heure, comme Jean-Luc Mélanchon et François Ruffin, et les apprentis sorciers de l’extrême-droite comme Marine Le Pen devraient relire cet ouvrage!

A certains ce livre rappellera et d’autres y apprendront que Pris a couvé dans ses rues les révolutionnaires les plus connus dans le monde, les plus prestigieux comme les plus sanglants, les théoriciens les plus hermétiques comme les activistes les plus exaltés, les comploteurs les plus obscurs comme les défenseurs de la veuve et de l’orphelin les plus dévoués. les antinazis comme les antifacistes, les nationalistes de tous les colonisés comme les défenseurs de la cause palestinienne.

Paris fut la ville de étrangers révolutionnaires, venus de tous les horizons.

Paris fut la ville aussi des terroristes, qui avaient une cause à défendre, à leur manière!

Mais Paris, même au temps des barricades de mai 1968, au temps de la commune où les morts où les morts se comptaient par dizaine, n’a jamais été la ville des CASSEURS et la ville des PILLEURS.

Paris la Rouge, oui, certainement mais pas Paris la Noire! Paris la Rouge par les idées qu’elle a vu naitre, qu’elle a entretenue, Paris la Rouge par le sang que ses habitants ont versé, dans leur combat contre l’oppression ou lors de lâches et ignobles attentats, mais pas Paris la Noire mise à feu et sang par des bandes de faux révolutionnaires, cagoulées, masquées, armées de barre de fer, brûlant voitures et biens publics et privés au nom de prétendues idées révolutionnaires, au nom du droit du peuple à s’exprimer, au nom de la colère des opprimés.

Ce livre replace Paris, la ville-lumière, la capitale des droits de l’homme, la ville de Révolutio française, a la place qui est la sienne et que beaucoup veulent flétrir et rabaisser!

A lire avec beaucoup d’intérêt et d’attention, malgré les 400 pages et malgré la masse d’informations qu’il contient et qui en rende l’accès parfois ardu sinon rébarbatif!

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07 décembre 2018

UN PRÉSIDENT N'AURAIT JAMAIS DÛ FAIRE CA !

François HOLLANDE représente l’homme politique français parfait, celui qui a fait de la politique son métier, et qui ne sait rien faire d’autre que la politique. Il en connait les codes, les us, les coutumes, les dangers, les coups tordus, les arcanes, les limites et les dangers!

Alors se pose une très grosse question au sujet de cet homme qui a l’objet d’un livre écrit par deux journaliste du quotidien LE MONDE, connus pour leur compétence certes mais aussi pour leur acharnement quand ils s’intéressent à u sujet.

Ce livre, qui a été un énorme succès de librairie malgré ses 660 pages – plus de 200.000 exemplaires vendus en plus d’une édition de poche – s’intitule UN PRÉDISENT NE DEVRAIT PAS DIRE CA – Les secrets d’un quinquennat, paru le 12 OCTOBRE 2016 chez STOCk sous la double signature de Christian DAVET et Fabrice LHOMME.

Ceci dit, il faut croire que François HOLLANDE a un faible pour les journalistes et il leur fait volontiers des confidences : on se souvient qu’il a déjà tâté à cet exercice avec CONVERSATIONS PRIVÉES AVEC LE PRÉSIDENT d’Antoine ANDRÉ et Karim RISSOULI (Albin MICHEL) paru le 17 août 2018.

L’intérêt du livre de DAVET et LHOMME est qu’il est le produit de plus de SOIXANTE HEURES d’entretiens, réguliers qui avaient lieu presque tous les mois entre octobre 2011 et juillet 2016 , dans les conditions fixées par les journalistes : les auteurs précisent que ” on l’a poussé dans sa zone d’inconfort en le faisant venir chez nous pour l’interroger” et que “il y avait des règles précises avec des magnétophones qui enregistraient tout“.

Soit, mais qu’en retient-on?

Pourquoi François Hollande s’est-il volontairement enfoncé, chaque mois davantage dans la soucière que lui tendaient les deux journalistes?

Pourquoi leur parlait-il de ses problèmes très personnels, alors qu’il avait horreur d’exposer sa vie privée face aux médias?

Pourquoi est-il arrivé au point de leur parler des secrets d’état qui lui ont valu l’ire de ses opposants au point que Eric Ciotti a voulu déposer contre lui un recours pour violation du secret défense, à a sortie du livre?

Par ailleurs les 660 pages du livres ne sont pas toutes réservées à la retransmission des entretiens avec le futur-ex président Hollande mais comportent de très nombreux passages consacrés aux réflexions personnelles de Davet et Lhomme à propos par exemple de Nicolas Sarkozy et de Emmanuel Macron.

En fait, la lecture de ce pavé laisse une impression malsaine de voyeurisme mal assumée aussi bien par François Hollande lui-même – qui se dénude tout en se dissimulant – que par les interlocuteurs – qui jouent aux paparazzis en se prévalant de la confiance que leur accorde leur sujet d’étude.

Le malaise est palpable tout au long de la lecture de ce livre qui prétend être “une enquête sans concession“!

A la fin, le lecteur se demande qui, en fin de compte, a roulé l’autre : est-ce le rusé Hollande qui s’st joué de deux journalistes en leur racontant pendant des mois ce qu’il a bien voulu leur raconter ou bien les deux “enquêteurs” qui ont trouvé la victime parfaite, naïve (le mot revient souvent dans le livre à propos de Hollande) qui leur a ouvert des portes qu’aucun autre homme politique ne leur aurait entrebâillées.

Pour la publicité, l’éditeur a écrit en quatrième de couverture : “CE LIVRE EST UNE AFFAIRE D’ÉTAT”…En fait, c’est beaucoup plus un livre d’hommes, l’un seul en quête de reconnaissance et deux journalistes en quête d’une nouvelle manière de faire du journalisme.

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30 novembre 2018

LE THÉÂTRE ET NOUS .

On ne pourra pas dire que sur ce blog, je ne suis pas intéressé au thétare dans ce pays !

J’ai eu l’occasion de parler dans grands hommes qui ont marqué cet art durant le siècle dernier : Tayeb ESSEDIDKI forcément, Ahmed TAYED LAALEJ bien sûr, des lieux mythiques qui en ont marqué l’histoire comme le TEATRO CERVENTES de Tanger. Je me suis même essayé au pastiche d’une tirade très connue du CID de Corneille, pièce qui avait marqué mon adolescence ou celle de CYRANO DE BERGERACqui a suivi sa question : ” que faut-il faire maintenant?”

Mais je n’ai jamais parlé de pièces de théâtre, pour une raison très simple : cela fait des années que je n’ai pas assisté à une représentation théâtrale.

La dernière fois à Rabat, c’était pour fêter un anniversaire de ma cadette, l’année de son bac je crois : nous l’avions emmener voir une comédie de Mohamed AL JEM qui faisait un tabac à l’époque : AL RAJOULOU ALLADI….

A Casablanca, j’ai eu l’occasion de passer un excellent moment lors de la représentation de BNAT LALLA MENNANA adaptée par Nora Skalli et Samia Akariou1 de la pièce éponyme de Yassine Fennane, oeuvre elle-même très, peut-être même trop librement inspirée du drame de Frederico GARCIA LLORCA intitulé LA CASA DE BERNARDA ALBA.

Pourtant, j’ai grandi dans le goût du théâtre, dès le collège : je me souviens que avions étudié L’AVARE de MOLIERE, LE CID de CORNEILLE, dont je garde en mémoire à ce jour des pages entière, PHEDRE de RACINE m’avait bouleversé, les comédies de Courtenine ou de Feydeau m’avaient amusé. J’ai eu l’occasion grâce aux AMIS DE THEATRE DE FRANCE de voir sur scène au cinéma Mauritania de Tanger des acteur énormes comme Louis Ségnier ou Michel Simon.

Par ailleurs, nous allions au théâtre voir des pièces bien de chez nous, jouées par les troupes locales, traitant d sujets qui nous touchent de près. J’ai pu voir des pièces de Nabil LAHLOU (Les torues, Le Gouverneur général de l’île Chakerbakerben ), je me souviens d’une pièce avec Tourya Jabrane qui, à propos déjà de l’immigration, a fait crouler de rire le théâtre MohameD V. Les pièces des frères BADAOUIrencontraient aussi beaucoup de succès, comme celles de Saad Allah Aziz et Khadija Assad.

Puis la télévision nous a mis la théâtre à porte de la main, avec des soirées entières régulièrement consacrées à la retransmission de pièces de théâtre.

Puis tout a basculé ! La politique s’en est mêlée, l’idéologie aussi, les années de plomb, l’islamisme rampant puis triomphant ont porté les deniers de grâce au théâtre, ce genre qui réunit à la lois la littérature et le sepctacle.

P.S. : Si vous voulez avoir une idée précise et documentée sur l’évolution du théâtre au Maroc, je vous conseille la lecture de cet ouvrage :

المسرح في المغرب ـ بنيات و إتجاهات.
عبد الواحد عوزري
دار توبقال للنشر ـ الدار ليضاء 1998

Posted on30/11/2018CategoriesCulture et artsSociété

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25 novembre 2018

VOULOIE ET SAVOIR TRANCHER

Encore un livre à signaler en ce si triste 25 novembre et qui traite encore une fois de la violence faites aux femmes.

Le roman de Amélie CORDONNIER paru chez FLAMMARION en 2018et intitulé “TRANCHER” est en effet très symptomatique de cette triste réalité que des millions de femmes vivent partout dans le monde.

En cette journée réservée à la commémoration de la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes, ce livre tombe à pic en effet car il dénonce une forme de violence insidieuse et sournoise mais aussi dévastatrice et aussi destructrice que la violence physique : il s’agit de la violence verbale!.

En quelques mots, il s’agit d’un “homme” (peut-on appeler cet individu un homme) se complaît à insulter sa femme, à la traiter des qualificatifs les plus dégradants, à lui asséner les mots les plus blessants tout en prétendant qu’il l’aime mais qu’il agit ainsi sous il ne sait quelle influence.

Cas de figure parfait du pervers narcissique qui a trouvé la victime consentante, car son épouse essaie de comprendre ce comportement et elle accepte même de reprendre la vie commune après une longue séparation!

Violences verbales incompréhensibles mais inacceptables : la femme, mère de deux enfants, décide finalement de quitter son bourreau!

Elle doit donc TRANCHER : couper dans le vif de sa vie quotidienne, dans celle de ses enfants..Mais le pourra-t-elle! Mais saura-t-elle?

Les dernières phrases du roman sont terribles: “Et c’est alors que tu l’entends. Te dire doucement, mais très distinctement, que t’es qu’une conne. “T’es qu”une conne, ma fille.” Sauf que cette fois, c’est de TOI qu’elle vient, cette petite voix.”

P.S.1 : Comme tous les 25 novembre, j’ai une pensée pour quelqu’un – qui se reconnaîtra – qui m’est très proche et pour qui je voue une sympathie énorme pour mille et une raisons.

P.S. 2 : Rappel en cette triste journée :

– au Maroc, la loi 103-13 relative à la violence faite aux femmes aura-t-elle un effet réel sur la situation?

– un clin d’œil de soutien à la campagne #Masaktach

– à titre d’exemple, en France les violences contre les femmes ont augmenté de 22 % en 2018.

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