J’avais passé une journée à feuilleter le tomme 2 des Mémoires de Abderahman YOUSSEFI et j’avais posté sur ma page FaceBook ce petit mot que je ne renie pas après une lecture plus approfondie!

Puis je me suis souvenu que, il y a quelques jours, j’avais posté chez un groupe d’amis facebookiens une citation de Georges Clemenceau, grand homme d’état français sous le Troisième République, qui disait en substance : “Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l’énergie de le faire.”

En lisant ses Mémoires, je me suis dit que Abderahman YOUSSEFI savait ce qu’il voulait, qu’il avait le courage de le dire mais qu’il n’a pas eu l’énergie de le faire.

En effet, ce qui ressort de ces Mémoires, c’est justement le manque d’action de cet homme politique marocain, respecté et même adulé. Il était concentré sur la parole, sur le verbe, comme tout arabe qui se respecte et ce malgré sa culture occidentale et socialiste.

Et le tome 2 – qui couvre les années 1991 à 1999 – en constitue la preuve flagrante : 438 pages entièrement consacrées à des DISCOURS de Abderahman YOUSSEFI et des entretiens avec des organes de presse (journaux, radios ou télévision).

Je disais dans un billet précédent que Abdrahman YOUSSEFI était un apparatchik et ce volume de ses mémoires le montre bien : la plupart de ces discours ont été prononcés devant le Comité Central de son parti l’Union Socialiste des Forces Populaires et quelques uns devant d’autres instances de cette formation (jeunesse socialiste, conseillers socialistes, groupe parlementaire) et UN SEUL DISCOURS prononcé devant un rassemblement populaire!

Même dans ses discours, YOUSSEFI n’avait pas les envolées lyriques de Allal FASSI, ni la fougue militante de Abderrahim BOUABID ni la froide méthodologie de Ali YATA.

Par ailleurs, le leder de l’USFP semblait très à l’aise devant les journalistes, soit en tête-à-tête soit devant un micro ou une caméra.

On retrouve la retranscription d’une quinzaine d’entretiens avec des journalistes de tous bords et de toutes les nationalités : de ACH-CHARQ AL AWSAT à LE MONDE, de LIBERATION à LA VANGUARDIA, de FRANCE INTER à VOICE OF AMERICA, de JEUNE AFRIQUE à LBC ou TV 5. Même LE MATIN DU SAHARA a eu droit à un entetien!

Donc en fait, Abderrahman YOUSSEFI s’avère un homme de paroles (avec un s).

Et ce qui m’a choqué c’est que – pour justifier la publication de la parole prolifique de YOUSSEFI – Lahcen SBAI, membre du Conseil National de l’U.S.F.P. entame la présentation de la parole de YOUSSEFI par cette phrase pour le moins incongrue : “Beaucoup de cartes politiques sont consignées dans le DISCOURS et pas seulement dans l’ACTION sur le terrain ou les TEXTES DE LOIS”.

Non, ya Si Lahcen, la politique c’est avant tout l’action …La parole seule c’est pour les charlatans…