Aberahman YOUSSEFI, l’ancien dirigeant de l’U.S.F.P. et l’ancien premier ministre du premier gouvernement d’alternance voulu par feu Hassan II, a publié, il y a quelques mois, ses mémoires.

L’ouvrage, en trois tomes, intitulé ” أحاديث في ما جرى ـ شذرات من سيرتي كما رويتها لبودرقة” est paru en mars 2018 chez Dar Anachr Al Maghribiya : il s’agit en fait d’une véritable somme de plus de 1.200 pages.

L’événement a bien évidemment occupé la une de journaux et a passionné le microcosme politique national et tout ce beau monde s’est extasié devant cette publication!

On a pu cependant relever quelques réserves, comme celle de Smail Bellaouali dans h24info.ma qui estime que Youssefi “reste évasif sur plusieurs points sensibles.”

Ali Amar a noté pour sa part dans ledesk.ma/culture – dans un article intitulé “les mémoires sélectifs de Youssefi” que “à part quelques anecdotes choisies sur les rois qu’il a servis et les grandes figures du passé, point de révélations pour l’Histoire“.

Youssef Dahmani dans yabiladi.com semble pus admiratif devant l’ouvrage du dirigeant socialiste qui ” constitue un témoignage vivant sur nombre d’épisodes historiques ayant marqué la vie politique du Maroc“.

Quand ma fille aînée m’a offert l’ouvrage, je me suis tout de suite plongé dans cette lecture que je pensais trouver passionnante, instructive et surtout éclairante notamment sur les derniers moments du règne de Hassan II.

Et d’emblée, je me suis posé la question : pourquoi avoir confié la préparation de ces mémoires à M’Barek BOUDRIKA (alias Abbas): j’aurais préféré lire la prose personnelle de Si Abdrahman YOUSSEFI, il nous devait bien cela!

Autre question que je me suis posée : le mot “شذرات” qui figure dans le sous-titre de cet ouvrage signifie, sauf erreur de ma part : “pépites”. Ces mémoires seraient donc une série de pépites (donc brillantes) choisies dans la biographie de cet homme politique.

Pourtant, je me suis lancé avidement dans la lecture de ces mémoires, en me promettant de partager mes impressions au fur et à mesure que j’avançais. C’est ainsi que j’ai posté quelques réflexions sur Face Book et sur Twitter, qui m’ont valu des commentaires qui vont dans le sens de ce que j’éprouvais.

Donc si je dois résumer mes impressions et préciser mon ressenti après la lecture de ce premier tomme, décevant finalement et sans grand intérêt fondamental, je dirais en quelques phrases :

1/ il ressemble plus à un quelconque mémoire de master en sciences politiques qu’au testament du grand homme politique que nous croyions tous (beaucoup de faits et détails et beaucoup de documents en annexe destinés peut-être à impressionner le lecteur).

2/ il retrace la vie d’un homme de parti, d’un homme d’appareil, d’un véritable apparatchik, discret, secret, aimant le pouvoir et ne supportant pas la contradiction.

3/ il aurait fallu que Abderrahman YOUSSEFI révèle aux marocain/es qui ont cru en lui, aux militant/es qui l’ont toujours soutenu même s’il n’a pas joué le jeu de la démocratie en se présentant aux urnes après son premier échec, la vérité sur le “pacte secret” qu’il aurait passé avec feu Hassan II avant sa mort, pacte dont tout le monde parle et dont tout le monde ignore la teneur, pour autant que ce pacte ait jamais été réellement passé.

4/ La lecture des deux autres tomes – que je m’engage à mener à bout et à vous en parler ici – me parait dès lors s’avérer un exercice bien pénible : ce qui aurait dû être dit par Abderahman Youssefi ne l’a pas été et cela a été même occulté de manière délibérée