Il y a des livres qui ont le mérite d'ouvrir le débat sur des événements que certains veulent occulter.parce qu'il aurait une espèce de honte sociale à en parler!
 
C'est le cas du dernier opus du docteur M'Hammed LACHKAR paru chez les éditons JL  en 2018 sous le titre "CETTE GUERRE N'ETAIT PAS LA NOTRE".

guerre

 

Ce n'est pas un livre d'histoire, l'auteur n'a aucune prétention scientique d'historien. Il s'agit plutôt d'un récit romancé   ayant pour protagonistes  ces rifains qui en 1936 ont décidé de s'engager dans l'armée espagnole sous les ordres de Franco pour participer à ce qui fut le guerre civile la plus meurtriere du XXème siècle!

En 1936, les rifains étaient encore meurtris par les stigmates que la guerre qu'ils ont menée contre cette même armée espagnole - qu'ils avaient d'abord décimée à Anoual, puis vaincue après plusieurs années d'affrontements avant de s'incliner face à la machine de guerre mise en place avec l'aide de la France, avec aviation et gaz moutarde.

Et pourtant, certains d'entre eux ont décidé volontairement de s'engager dans cette armée qui les avient soumis, après les avoir massacrés, bombardés, gazés et enfermés  dans la misère.

 Pourquoi ce choix? 

Le héros de "Cette guerre n'était pas la nôtre" n'a pas pu réponre à cette question qu'il s'etait posée dès qu'il a débarqué sur le sol espagnol et qu'il a participé aux premières escarmouches, puis au premiers massacres et enfiin aux premières vraies batailes de cette guerre à laquelle il était étranger!

Tout l'intérêt du roman de M'Hammed LACHKAR réside dans cette sempiternelle question !

Les soldats rifains ont servi d'épouvantail - au sens premier du terme, ce qui sème l'épouvante, la peur -  aux franquistes, face aux "rouges" : leur courage et aussi et surtout leur cruauté semaient la terreur dans les rangs des républicains!

Ces mêmes soldats rifains, dont certains avaient combattu l'armée espagnole à peine quelques années aurapvant, étaient utilisés comme chair à canon sous le commandement d'officers issus de leur propre communauté, comme le commandant Meziane, le capitaine Mohamadi. oule sous-llieutenant Chaib qui avaient choisi en toute conscience et  depuis longtemps de servir l'armée espagnole.,                                                                                                           

 Ces rifains finalement n'ont rien compris à ce qui leur arrivait : partis reconquérir l'Andalousie comme leur ancètre légendaire Tariq Ibnou Zyad, ils se sont retrouvés à commettre les pires massacres et les exactions les plus lâches conttre des civils désarmés, des femmes, des viellards et des enfants !

Pieux, ils ont pourtant brûlé des églises, tué des curés, violé des noinnes....Sans savoir pourquoi, sans se rendre compte de leurs forfaits, sans regret !

Lors des discussions entre eux - assez mal rendues par l'auteur malheureusement, parce que trop spohistiquées de la part de personnages assez frustres, sans culture - aucune lumière ne vient éclairer la tourmente dans laquelle vivent ces mercenaires, car il faut bien appeler les choses par leur nom : les rifains engagés dans l'armée franquiste étaient des mercenaires, c'est à dire des combattants volontaires et rétribués, engaggés dans une guerre qui n'est pas la leur.

Difficile de l'avouer,  

Certains rifains considéraient que leur engagement dans l'armée espagnole pour lutter contre d'autres espagnols représentait la continuation de la Guerre du Rif et les exactions qu'ils commettaient dans ce cadre constituaient une sorte de vengeance contre de que les espagnols leur avaient fait alors subir,  

Pour ne pas faire porter la resposabilité totale de ce mercenariat aux seuls rifains, un personnage - attachant au demeurant - intervient tout au long du récit avant de mourir lors d'une bataille : Tanjaoui, arabe orignaire de Chaouen, aux limites oust du Rif. 

Le narrateur a essayé de rendre son récit plus humain et surtout moins sanglant et mortifère, en y incorpant avec maladrioitement une histoire d'amour mort-née entre un des ces rifains  ,blessé au combat et une infirmière ingénue. Ce ne sont pas les pages les plus intéressantes de ce roman qui par ailleurs est audacieux dans le choix du sujet de fond! 

Le roman se termine avec le retour au pays du personnage principal, handicapé à vie à la suite d'une blessure, et sa décision de quitter sa terre natale, inhospitalière et dure à travailler, pour s'installer à Villa Sanjurjo, l'actuelle Al Hoceima, pour y vivre de la pension que lui livrera l'armée espagnole!

Constat d'échac total donc ! Servir l'armée espagnole n'aura servi en fait à rien, sinon à en dépendre pour le restant de la vie.  

M'Hammed LACHKAR ouvre encore une fois un dossier douleureux et méconnu de l'histoire du Rif...Aux historiens et aux spécuialistes de continuer son travail courageux mais incomplet.

A lire pour ceux qui ignorent l'histoire tourmentée de cette partie du royaume et qui veulent en comprendre cetains ressorts!