Il fallait y penser : un titre aussi accrocheur, ce n’est pas évident! Je ne sais pas si c’est l’auteur Mohamed HMOUDANE ou son éditeur initial – Les Editions de la Différence – qui l’a trouvé mais “LE CIEL, HASSAN II ET MAMAN FRANCE“, çà en jette n’est-ce pas !

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Sorti en 2010, ce second opus de l’auteur de “FRENCH DREAM” (décidément, ce garçon a un faible pour les titres alléchants), a été édité par la maison marocaine LE FENNEC-Poche en 2014.

Petit ouvrage de 200 pages, très bien écrit mais un peu brouillon dans son déroulé, ce roman a tout pour plaire, que dise pour éblouir, subjuguer et émerveiller, les critiques parisiens et les occidentaux en général !

En effet, on y trouve tous les ingrédients de la bonne soupe marocaine servie par un national – en l’occurrence un binational – réalisée à base de misère sociale, humaine, économique, culturelle mitonnée de sexe bien entendu, avec une forte dose de pédérastie, le tout enveloppé d’un linceul de dictature et de répression!

Bref, le Maroc tel que veulent le voir beaucoup de gens et cela marche forcément ..

En mélangeant le ciel et Hassan II (on se demande bien pourquoi?), Hassan II et maman France (la France n’a jamais demandé à être maman de qui que ce soit, ce sont certains orphelins de cœur et d’esprit qui l’ont imploré de les adopter), Mohamed HMOUDANE profitant de sa maîtrise presque parfaite de la langue française a tenté de nous servir un brouet – que pour ma part j’ai trouvé indigeste et surtout malsain – où se débattent des jeunes marocains dont la France est le rêve.

D’ailleurs, même L’OBS dans sa critique du livre s’interroge :”Et Hassan II dans tout ça ?”. Et il finit par le trouver “sur une BD à sa gloire, offerte aux élèves méritants de Tabriquet”!

Le héros du roman raconte, par ailleurs, les heurs et surtout les malheurs d’un de ses amis d’enfance, joli garçon voué aux caprices sexuels d’une petit chef de gang, qui devenu adulte s’assume en tant gigolo homosexuel !

On peut aimer ce genre de déballage qui tient plus de la télé-réalité que de la littérature : je n’apprécie pas! L’éloge de la misère n’a jamais été à mon goût et pour beaucoup de nos écrivains, c’est un fond de commerce inépuisable, car même la répétition inlassable des mêmes thèmes convient parfaitement à un certain lectorat.

Notons que les critiques marocains ont très bien accueilli ce roman : mais pourquoi se sont-ils obligés d’utiliser des mots rares et compliqués pour en parler ?

Salim JAY utilise : ” franchise roborative” et de “goût intempérant” !

Abellah BAIDA estime que l’auteur “sabre les icônes”!

Mohamed Hassen ZOUZI CHEBBI trouve que Mohamed HMOUDANE “prend le risque du dévoilement systématique du refoulé jusqu’aux limbes de l’impudeur”!

Qu’en des termes compliqués tout cela est dit : les 200 pages de ce roman n’ont rien de particulièrement nouveau.

Il y a tellement d’autres sujets relatifs au Maroc, aux marocains, aux marocaines, à notre peuple à traiter et à raconter! Pourquoi ressasser toujours et encore les mêmes ingrédients : c’est à croire que la misère des autres est vendeuse !