Un médecin marocain, en l’occurrence un chirurgien, qui se lance dans l’écriture est toujours intéressant à découvrir : le docteur Mohamed KOHEN a publié en septembre 2017 son premier roman “LE BLOC DES CONTRADICTIONS” chez les éditions CasaExpress.

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Voilà une roman à lire absolument en ces jours troubles de débats glauques, hypocrites et stériles mais absolument nécessaires sur le corps de la femme, sur la liberté individuelle et sur la pression de la société, en un lot sur l’AVORTEMENT

Je tiens à relever d’emblée l’excellente plume de Mohamed KOHEN ; il est tellement rare qu’un romancier marocain francophone actuel ait un style aussi fluide et aussi “chirurgical” à la fois….Déformation professionnelle, je suppose. Un style alerte et simple, précis et agréable. Donc la lecture de ce roman est une petit moment de plaisir littéraire.

Quant au sujet, Mohamed KOHEN le connait parfaitement par sa connaissance du monde médical et par sa connaissance de la société marocaine!

L’auteur évoque à travers ses deux protagonistes – dont l’un est surement inspiré par la propre vie de l’auteur – la schizophrénie de la société marocaine, moderne et traditionnelle, religieuse et fêtarde, respectueuse de la loi et prompte à la violer, bref hypocrite et sans repère en fait.

L’intrigue est simple : une histoire d’amour – libre et total – entre deux adultes en pleine possession de leurs capacités morales, intellectuelles et financières!

L’histoire est bien racontée et elle se termine très mal !

UN AVORTEMENT FATAL !

Pourtant, les différents comptes-rendus parus dans la presse après la sortie de ce roman, n’évoquent pas ce drame et se limitent comme le fait l’éditeur à parler de : “l’histoire d’un amour passionné entre un chirurgien humaniste et hédoniste convaincu et une jeune femme instruite élevée dans les traditions d’une riche famille, et que le destin va sauvagement broyer.”

Il ne faut pas parler d’avortement !

Souad MEKKAOUI dans Maroc Diplomatique évoque “un nid de contradictions sociales, religieuses, culturelles régies par un lourd héritage social, culturel et émotionnel qui fait bloc devant l’amour, les libertés individuelles, les aspirations personnelles, la vie comme on la rêve tout simplement”

Il ne faut pas parler d’avortement !

Le Matin procède par touches timides et nous apprend que “sans fard ni détour, ce roman évoque avec autocritique et dérision quelques affects tristes que la pondération et l’amour savent guérir”.

Il ne faut surtout pas parler d’avortement!

Dans l’interview que l’auteur a accordé à VHMAGAZINE le mot qu’il ne faut pas prononcer n’a pas été prononcé évidemment!

Il ne faut pas parler d’avortement!

Même le moderne MEDIA24 n’ose pas écrire le mot fatidique dans le billet qu’il réserve à la sorte de ce roman : il se contente de signaler que “le roman souligne quelques apories de la société marocaine en mettant l’accent entre autres sur le civisme, l’éducation, la religion, le mariage”. “Aporie” (mot relativement rare) oui, mais “avortement” non !

Il ne faut pas parler d’avortement!

Dommage, mille fois dommage, car beaucoup de lecteurs passeront à coté de ce livre en lisant ces “critiques” : Mohmaed KOHEN met le doigt pile sur la plaie qui gangrène la société marocaine, l‘AVORTEMENT CLANDESTIN et nous en sommes encore à tourner autour du pot!

Lisez ce livre, faites-le lire et faites en connaitre le vrai message !