Je pars d’un principe très simple : il n’existe pas de pays parfait et le Maroc, à l’instar de tous les pays du monde, est plein de tares et de tarés qui côtoient plein de personnes honorables et respectables.

Ainsi, certaines tares de notre société – si elles me désolent et parfois me révulsent – me paraissent-elles à la imite «sociologiquement normales », même si bien sûr elles sont condamnables du point de vue de la morale et punissables du point de vue de la loi.

Le rôle de l’état consiste justement à rétablir l’équilibre et à faire appliquer la loi et à punir les contrevenants et le rôle de la société devra contribuer à canaliser les mauvaises inclinations de ses membres.

Au Maroc, comme partout dans le monde, le comportement humain sera le même. Il n’existe pas de « cité idéale », malgré tout ce que l’on peut nous dire à propos des pays scandinaves ou de certains pays d’Extrême-Orient.

Les exemples ne manquent pas et pourraient se multiplier à l’infini …

Nous trouverons chez nous des flics ripoux et chez les autres des gendarmes véreux !
Nos douaniers se laissent parfois, sinon souvent, tenter et les fonctionnaires de certains pays sont parmi les plus véreux du monde.
Certains juges rendent plus souvent des services que la justice et nos médecins sont complaisants dans la délivrance des certificats médicaux « qui serviront ce que de droit » !

Mais ailleurs, on essaie de protéger les enfants et les jeunes…Pas chez nous et c’est cela notre drame !

Les banquiers indélicats ne sont pas rares et less infirmières dans nos hôpitaux et cliniques demeurent très sensibles au charme des billets bleus.
Partout les élus pratiquent le mensonge et ne s’encombrent pas de scrupules : tout en prétendant défendre la veuve et l’orphelin ils œuvrent pour leurs propres intérêts et ceux des puissants. Depuis toujours, certains promettent partout des lendemains qui chantent et depuis quelques temps d’autres nous parlent d’un au-delà qui enchante.
Des journalistes vendus ou achetés et les inspecteurs des impôts compressibles peuples les salles de rédaction et les bureaux des services fiscaux.

Mais partout, on essaie de former les enfants et les jeunes…Pas chez nous et c’est cela notre drame !

Des grossistes distribuent sans état d’âme des produits alimentaires avariés ou périmés et des promoteurs immobiliers lésinent sur les matériaux, les architectes valident les travaux et les bureaux d’études ferment les yeux lors des contrôles.
Une commission de marchés organise, en grande pompe et selon une procédure compliquée, une séance d’ouverture de plis en sachant d’avance le nom du soumissionnaire qui sera retenue.
Des agents s’autorité abusant de leur autorité prétendront toujours qu’il s’agit de déformation professionnelle ou peut-être de simple zèle dans l’exercice de leur fonction.
Le chauffeur de car qui défie un oued en crue en mettant en danger la vie de 60 passagers nous expliquera son acte insensé et criminel par la nécessité de respecter les horaires fixés par son patron.
Je peux continuer à égrener la liste des comportements inacceptables, condamnables moralement et légalement que l’on retrouve chez nous, comme dans toutes les sociétés.

Mais en général, ailleurs on essaie de sauvegarder les enfants et les jeunes …

Bien sûr, certains me parleront de pédophilie !Mais, il y a pire : chez nous, il s’agit de la destruction systématique du sens moral chez nos enfants et nos jeunes. C’est cela notre drame !

Car chez nous, la corruption, la fraude, la triche, font partie intégrante de notre système éducatif et c’est cela notre drame !

Et aucune commission aussi ouverte soit-elle, aucun haut conseil aussi supérieur soit-il, aucun expert aussi compétent soit-il, aucun ministre aussi visionnaire soit-il, ne pourront pas arrêter l’agonie et éviter le naufrage de notre « école » – à tous les niveaux – si e problème n’est traité avec la sévérité et la fermeté nécessaires.
En effet, chez nous le mal est inoculé à nos enfants dès leur plus jeune âge et par les personnes qui sont censées les préparer à la vie.

L’école, le collège, le lycée, la faculté avec ses « hordes » – j’ose le mot car il se justifie, étant donné ce que je vais dire – d’enseignants, de tous les niveaux, tombent dans la corruption, dans ses formes les plus diverses, de la plus grossière à la plus élaborée, face à des enfants et à des jeunes qu’ils sont supposés former à la vie.

Comment accepter que des enfants de moins de 12 ans soient confrontés de façon directe à la corruption de ceux qui sont supposés leur apprendre la vie : des enfants qui savent que leur réussite dépendra de la somme que leurs parents remettront à leur « maitre » ou à leur « maitresse ».

Comment accepter que des collégiens et des lycéens – pauvres ou riches, dans un établissement public ou une institution privée – devront compter no pas sur leurs efforts pour réussir mais sur la capacité de leur parents à financer une partie de la vie des « enseignants « destinés à inculquer aux jeunes le sens de l’effort et du travail.

Comment accepter que des professeurs d’université exigent de leurs étudiants l’achat de leur polycopiés, qu’ils leur imposent des cours particuliers payants, qu’ils monnaient la réussite aux examens, qu’ils tarifient l’inscription aux masters et aux doctorats en imposant une « taxe » pour fixer les dates des soutenances ?

Alors que partout, on essaie de sauvegarder les enfants et les jeunes chez nous on leur enseigne la fraude, la triche, le copiage et la corruption, et c’est cela notre drame !

Ne nous étonnons pas du manque de civisme et de l’escalade des incivilités ! Ne soyons pas surpris du sentiment de mécontentement généralisé et très souvent injustifié de nos jeunes qui croient que tout leur est dû parce papa et maman ont payé pour cela. Ne nous lamentons pas de ce que nous avons nous-mêmes contribué à se développer!

Nous avons dévoyé notre jeunesse. Nous en payons donc les conséquences !