J’ai relu “TARTUFFE” de Molière et bien sûr j’ai pensé à “Wally Allah” de Ahmed Tayeb Laalej!

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J’ai relu “TARTUFFE” de Molière, dans une édition BORDAS qui remonte à 1963, ingurgitant, comme au temps du lycée, toutes les notes, les explications, les préfaces, les placets et autres explications qui accompagnent toutes les pièces classiques et j’ai pensé encore plus fort à “Wally Allah” de feu Ahmed Tayeb Laalej dont je n’ai que de vagues souvenirs, réminiscence d’une retransmission télé en noir et blanc de l’antique RTM.

J’ai relu “TARTUFFE” de Molière qui date de 1669 – dans sa dernière version – et j’ai pensé amèrement à “Walli Allah” de Ahmed Tayeb Laalej, qui doit dater de moins des années 60 et que je n’ai pu retrouver pas sur un support écrit ni sur internet.

J’ai relu donc “TARTUFFE” et j’en ai apprécié toute l’actualité déroutante, pas celle de la France, mais notre actualité sociale marocaine de ces dernières années et c’est pour cette raison que je suis profondément attristé e ne pas avoir à partager avec vous “Walli Alklah” de Ahmed Tayeb Laalej qui est l’adaptation de la comédie de Molière par le grand dramaturge marocain.

J’ai relu “TARTUFFE” en revoyant des scènes de notre vie quotidienne actuelle, dans notre Maroc du XXIème siècle, avec son lot de faux dévots et de vraies bigotes, de défenseurs de la morale eux-mêmes premiers violeurs de cette morale, d’imposteurs se cachant derrière des faux-semblants mystiques pour parvenir aux jouissances terrestres bassement matérielles!

Quand je lis ces mots à propos de Tartufe, dans la bouche de Mme Pernelle, je pense à toutes ces “Madame TAAZI” (formules que j’emprute à Gad El Maleh et quine vise aucune personne nommément désignée, que cela soit clair) s’extasiant devant un conférencier du genre Amr Lhalid, Tarik Ramadan ou plus près de nous d’un prétendu docteur Faid.

“C’est un homme de bien, qu’il faut que l’on écoute”.

Ou encore :

“…..Il en irait bien mieux
Si tout se gouvernait par ses ordres pieux;”

Un peu plus loin, nous trouvons heureusement des répliques qui nous rappellent les réflexions de certains de ceux que l’on appellent de nos jours les “modernistes” :

“Il est de faux dévots comme de faux braves!
les bons et vrais dévots….
ne sont pas ceux aussi qui font font tant de grimace”
 (feinte, hypocrisie)

Et revenant aux faux dévots, nous pouvons encore lire des vers qui nous ramènent à ce que nous vivons actuellement :

“Ces gens qui, par une âme à l’intérêt soumise,
Font de dévotion métier et marchandise”

Et bien sûr, on ne peut pas ne pas s’arrêter sur ce sommet de l’hypocrisie moralisatrice, enrobée de religiosité de mauvais aloi, prononcé par Tartuffe dès son apparition devant le public à la scène 2 de l’acte III :

“….Couvrez ce sein que je saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de vilaines pensées

Ce qui provoque cette cinglante réponse de Dorine, la soubrette exprimant la vox populi encore vivace de nos jours :

Vous êtes donc bien tendre à la tentation,
Et la chair sur vous fait grande impression

Cela nous rappelle qu’encore aujourd’hui, nos grands “savants” sont encore particulièrement sensibles aux charmes apparents des femmes et font tout pour les cacher à leurs regards concupiscents!

Je vous fais grâce des moments où Tartuffe essaie de séduire la maîtresse de maison, l’épouse de celui qui l’a recueilli, logé, nourri, désigné comme éventuel gendre et même désigné comme unique héritier de ses biens …A vous de juger et de comparer avec des situations que certaines famille ont connues ou connaissent encore aujourd’hui dans notre société!

La lecture de “Tartuffe” ne peut être totalement profitable et instructive si nous ne nous donnons pas la peine de consulter tous les annexes et toutes les notes qui accompagnent le texte de la pièce!

Nous y apprendrons que la comédie telle que nous la connaissons est le fruit d’un long processus de composition et d’écriture destiné à éviter la censure qui faisait rage à l’époque du fit de la cabale menée par une confrérie religieuse – les Confrères du Saint-Sacrement – qui n’est pas sans nous rappeler certaines associations qui sévissent actuellement dans notre pays au nom du respect de la morale et de la religion.

Alors permettez-moi de vous conseiller de fouiller dans vos archives de retrouver le TARTUFFE qui doit traîner quelque part, oublié dans un tiroir, de le lire et surtout de le faire lire.

Et si vous trouver une version écrire, radiophonique ou télévisuelle de WALLI ALLAH , l’adaptation en arabe qu’a fait feu Ahmed Tayeb Laalej, n’hasitez pas à la partager avec nous!