Un chinois, né dans une famille d’intellectuels, qui décide de s’installer en France par amour de la culture française, reste chinois même s’il est imprégné de civilisation et de langue françaises au point d’avoir été admis à l’Académie française.

Ainsi en est-il de François CHENG dont je viens de lire un de ses romans intitulé L’ÉTERNITÉ N’EST PAS DE TROP paru en 2002 chez les éditions Albin MICHEL.


Ma fille aînée qui m’a fait découvrir ce livre m’avait prévenu : “ce roman te plaira, il y a du Jean d’Ormesson chez cet auteur”. Elle ne pouvait mieux dire : ce roman est apaisant.

Roman d’amour? Bien sûr …Histoire d’un amour impossible? Bien sûr! Cela peut sembler banal sauf que cet ouvrage est une merveille de style, de délicatesse, d’art narratif, de psychologie et même d’histoire et de spiritualité.

François CHENG a su avec un art consommé de romancier rompu aux techniques de l’écriture nous entraîner dans les montagnes de la Chine du XVIIème, à la fin de la période Ming, de monastère bouddhiste en palais, de demeures cossues de riches seigneurs en cellule monacale, d’une rencontre entre un missionnaire jésuite et un ancien bagnard initié au taoïsme, et bien sûr d’un amour impossible à une déchirure, de retrouvailles miraculeuses en nouvelles séparation, jusqu’à la rencontre finale!

Impossible et surtout ridicule de tenter de résumer ce roman! Il faut le lire, en savourer chaque page, s’arrêter avec chaque personnage, savourer chaque moment, respirer et écouter avec les protagonistes, souffrir avec eux, mais jouir de chaque moment de douceur, de tendresse, d’amour.

Le lecteur ne sort pas indemne de certaines lectures! Mais à la fin de ce roman, le lecteur éprouve une sorte d’apaisement, de sérénité, que seule l’éternité peut lui procurer!

A lire absolument !