Le premier roman de El Mostafa BOUIGANE laissait prévoir un bel avenir pour cet auteur qui a montré un certain talent dans sa manière de parler du Maro, des marocains et particulièrement de Fes et des ses quartiers pauvres.

J’avais conclu mon billet écrit au sujet de cet ouvrage en affirmant que cette expérience était louable à renouveler, car pas tout à fait réussie“.

Dans son second roman “DES HOURIS ET DES HOMMES” paru en 2011 chez les éditions MARSAM, l’auteur continue dans la même veine, avec la même verve; avec plus de travail et plus de talent aussi.

L’ouvrage de 230 pages – soit le double du premier opus de l’auteur – est composé de chapitres courts, écrits dans une langue parfaite, un style alerte, enlevé, précis, avec des descriptions de situations extrêmement bien menées, sans aucune concession, mais aucune exagération.

Mais en fait de quoi s’agit-il dans ce roman ?

De Fez, d’un quartier p&périphérique de Fez, populaire et misérable, avec ses diplômes chômeurs, ses jeunes filles coincées entre leur désir de liberté et les traditions, et surtout ces islamistes qui s’installent d’abord insidueusement puis de de plus en plus ouvertement, qui contrôlent peu à peu la vie des uns et des atres, avec un cheikh charismatique et ses ouailles, le plus souvent nouveaux convertis encore plus fanatiques de les plus anciens.

Le tableau est banal, certes, mais tout le talent de El Mostafa BOUIGNAME est de le faire vivre sous des mots simples, tranchants, secs et parfois brutaux, comme l’est la réalité.

Si ce roman avait était signé d’un nom plus connu – je pense à un Tahar BENJELLOUN par exemple – je suis sûr qu’il aurait connu un succès retentissant et qu’un film en aurait été tiré. La trame d’une grande production cinématographique est déjà tissée par l’auteur, tant son roman tient plus du documentaire que de la fiction romanesque.

Encore une fois, El Mostafa BOUIGNAME nous livre un roman original, très bien écrit et retraçant la vie vraie d’un Maroc vrai que beacuoup d’entre nous semblent ou veulent ignorer. Bien qu’il date un peu et que la siuation ait quelque peu évoluer, il est bon de relire ce roman pour mesurer le danger que le Maroc a frolé de très près et qui n’est malheureusement pas encore tout à fait éradiqué.

Le titre “DES HOURIS ET DES HOMMES” nous ramène à “DES SOURIS ET DES HOMMES” de John Steinbock : mais l’auteur a eu l’honnêteté intellectuelle de citée cette réfence dans son récit et c’est à son honneur.

A LIRE DONC !