Il est agréable d’ouvrir un livre dont on ne sait rien, ni de son auteur, ni de ce que en ont dit les prétendus “critiques” qui reproduisent très souvent les même phrases que celles de la quatrième de couverture, et de se laisser prendre par cette lecture, par cette découverte en fait !

Il en est ainsi de LE LUTTEUR3 de Moulay Seddik RABBAJ paru en 2015 aux éditions LE FENNEC.

Pourtant, je tiens à signaler que, une fois encore, les éditeurs – pourtant sérieux – n’ont pas pas accompli leur travail avec tout le soin voulu : la lecture de ce livre est entravée par une série de fautes d’impression, qui ne sont pas du tout le fait de l’auteur mais relèvent de l’inattention ou l’incompétence des correcteurs !

Revenons au roman proprement dit …Etant donné le sujet qui sert de toile de fond, il eut été intéressant de poser des repères historiques plus précis pour situer l’action dans l’histoire du Maroc ..On y parle de nomades, de zayouya, de tribus guerrières, d’esclaves, de razzias, de reconquête spirituelle, de pouvoir central, de tribus qui se révoltent, de transhumance, de djinns bien sûr et de croyances ancestrales, mais sans aucune indication pouvant placer les événements ans le cours de l’histoire du pays!

Le tout est assez bien présenté, la lecture est attachante, les événements décrits avec un art certain de l’écriture ; les personnages ont une psychologie parfaitement adaptée à leurs situations.

Le roman tient plus du conte que du roman. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la dernière page, péripétie après péripétie, il suit le héros – un jeune noir et sa petite famille, dont la tribu a été décimée lors d’une razzia menée par une tribu voisine à la recherche d’espace vital. Et jusqu’au dernière épisode qui laisse prévoir une suite – l’intérêt ne faiblit pas.

LE LUTTEUR est le héros de ce roman mais en fait le véritable personnage central en est l‘énigmatique et surtout ambitieux cheikh, patron de la zaouuya qui a accueilli le futur lutteur, qui l’a formé aux arts de la guerre et l’a transformé de descendant d’esclaves, mal intégré à la société, en homme libre et responsable.

Evidemment, un conte ne peut exister sans une histoire d’amour, malheureuse comme il se doit mais un conte reste un conte!

Le roman de Moulay Seddik RABBAJ ne restera peut-être pas dans les anales des grandes œuvres littéraires marocaines mais je vous conseille de le lire.