L’auteur est marocain : Ahmed SEFRIOUI. Tous les marocains de ma génération ont lu et apprécié, d’autant que sa bibliographie n’a rien de prolifique ni de particulièrement hermétique, bien au contraire.

La jeunesse actuelle redécouvre l’auteur depuis qu”un de ses romans a été inscrite au programme de la première année du baccalauréat maroc&in, ce qui est une excellente initiative.

L’oeuvre en question date de 1954 et elle a été publiée chez les éditions SEUIL. Il s’agit de : “LA BOITE A MERVEILLES

Les personnes de ma génération ont toutes connu ou vécu des scènes décrites dans ce roman, certes autobiographique mais qui dépasse le stade de simple récit biographique d’un enfant de la médina de Fes au mitan du XXème siècle.

Rien de spécialement passionnant dans ce que nous narre Ahmed SEFROUI : il décrit la vie quotidienne d’une petit garçon, de sa famille, de ses voisines, de sa rue. Mais il use d’un talent unique dans l’écriture et d’un sens de l’observation qui ne laisse rien échapper au regard d’un enfant.

Pionner de la littérature marocaine francophone, Ahmed SIFROUI s’est souvent vu reprocher son manque d’agressivité dans ses œuvres envers les autorités françaises et le régime du protectorat qu’il a connu dans sa jeunesse. On oublie par ailleurs qu’il a pratiqué le journalisme dans le quotidien nationaliste L’ACTION DU PEUPLE créé à Fez par le leader politique Mohamed Hassan OUAZZANI. Cette publication francophone portait comme sous-titre cette formule on ne peut plus claire : “Organe de défense des intérêts marocains. Une autre manière d’utiliser la langue de l’occupant pour le combattre“. Ahmed SEFROUI a été également un homme de culture et un défenseur du patrimoine de sa ville qui lui doit la création du musée AL BATHA.

En tous cas, l’auteur de LA BOITE A MERVEILLE – à la différence d’autres écrivains francophones marocains – a évité le misérabilisme dont certains ont fait leur fonds de commerce sans pour autant se délecter dans l’angélisme et la béatitude.

A mon sens, ce roman devrait être lu par tous les jeunes marocain/es, surtout ceux qui ont grandi dans un Maroc moderne et dans des écoles privées ou étrangères.