En remettant de l’odre dans ma bibliothèque, j’ai retrouvé UNE PEINE A VIVRE de l’algérien Rachid MIMOUNI, paru en 1992 chez les éditions STOCK.

Je connaissais bien cet auteur algérien, disparu malheureusement trop tôt à cinquante ans, victime d’une maladie foudroyante : je me souviens avoir lu et apprécié quelques unes de ses œuvres (Le fleuve détourné, 1982 – L’honneur de la tribu, 1989 – La ceinture de l’ogresse, 1990) et je me rappelle que j’écoutais régulièrement ses chroniques radiophoniques sur MEDI 1.

Cet intellectuel algérien savait écrire sur son pays et il en parlait parler, avec beaucoup d’amour et aussi beaucoup de chagrin. Il a mal à so pays, pour ce qu’il n’a pu être et pour ce qu’il est devenu pendant la décennie sanglante.

Dans ce roman, il a abordé le problème du pouvoir personnel, le pouvoir pilitique, celui qui donne tous les autres pouvoirs.

Il en parle crûment, parce que le pouvoir est cru et aime la crauté!

Il en parle de manière parfois obscène, car le pouvoir est obscène et n’a aucun respect pour quiconque ni pour rien !

Le héros de LA PEINE A VIVRE se trouve face à un peloton d’exécution, comme beaucoup de dictateurs avant lui et beaucoup d’autres après lui ! Et il se souvient de sa vie, misérable au départ, puis de plus en plus confortable au fur et et mesure qu’il acquiert du pouvoir, jusqu’à ce qu’il atteigne le pouvoir extrême, ultime, absolu, celui dont rêvent tous les dictateurs, celui dont ont usé les Duvalier, les Amine Dada, et autres Marcos et Mugabé, les Staline et les Pol Pot.

Ce pouvoir absolu du Maréchalissime est décrit dans les moindres détails et il semble tout à fait crédible, quand on pense à ce que font des dirigeants beaucoup moins dictatoriaux que ce héros de roman.

Mais UNE PEINE A VIVRE demeure un roman et il fallait que ce dictateur sanguinaire et revanchard reste un homme, qu’il tombe amoureux et que son amour soit impossible bien ^sur!

Tout cela constitue une excellente lecture de vacances : Rachid MIMOUNI est le digne précurseur de Yasmina KHADRA. Dommage qu’il n’ait eu pas le temps de profiter et de nous faire profiter de son talent.