Découvrir la littérature d’un pays lointain et qui nous est pratiquement inconnu peut être un agréable enchantement ou une décevante désillusion : découvrir “LE SANG ET LE PARDON” du pakistanais Nadeem ASLAM, paru en français chez LE SEUIL en janvier 2018 a été surtout une difficile expérience.

L’expérience est difficile intellectuellement dans la mesure où ce roman, très bien construit, nous entraîne dans un pays en pleine tourmente, au milieu d’un peuple pétri de cultutre muslkmane mal assimilée, déchiré entre les communautés qui coexistent dans un climat de tension et même de haine.

Il est en effet très éprouvant de lire la prose de Nadeem ASLAM qui décrit avec une précision hallucinante, chirurgicale même, des scènes de la vie quotidienne des chrétiens de cette ville imaginaire du Pakistan, où cette fraction de la population est considérée comme es sous-citoyens sans droit.

J’ai eu beaucoup de mal à avancer dans la lecture de ce roman tant l’horreur semble faire partie de vie normale des gens. Comment ne pas être horrifié par l’attitude de ce petit garçon musuklman prêt à poignarder une adolescente chrétienne pour voir si le sang des chrétien est noir comme le sui a enseigné sa mère!

Le courage des uns, la couardise des autres, le doute de certains, l’intolérance de beaucoup, la violence des gens de pouvoir, l’extrémisme teinté de racisme des religieux, le désir de vivre pourtant, tout cela donne à ce roman une charge émotionnelle qu’il est difficile – j’insiste sur ce mot – d’accepter en tant que lecteur neutre.

Impossible de raconter ce roman mais on peut dire qu’il retrace la vie des chrétiens du Pakistan à travers l’histoire d’un couple d’architectes autour duquel gravitent beaucoup de personnages et chacun de ces protagonistes portent en lui les stigmates de l’intolérance et de l’exclusion.

La lecture en français de ce roman est ardue : je ne sais ce qu’elle donne dans la version originale anblaise, mais toujours est-il que j’ai eu pas de mal à avancer non à cause du style maus à cause des situations et des descriptions parfois glaçantes que l’auteur en fait. Aucune concession, aucune sentimentalisme, aucune haine, juste les faits rapportés dans leur terrible précision!

Des agressions, des exécutions froidement réalisées au nom de la religion, des vies entières écrasées au nom de l’intérêt supérieur d’un état dont on ne sait pas exactement ce qu’il représente, des malheurs décortiqués et des lueurs d’espoir, comme le récit de ces pages d’un livre recousues minutieusement de fil d’or pour les préserver d’une destruction programmée.

Roman étrange, lourd à lire tant ce qu’il décrit est insupportable mais vrai!

Le Pakistan serait-il à ce point au bord de l’intolérable? Il faut bien le croire si on tente de suivre l’actualité de ce pays, lointain, fermé et complexe.