Tout le clan l’appelait “BA”. En fait, il était était plus qu’un père, plus qu’un grand-père, plus qu’un arrière-grand-père, il était le PATRIARCHE.

C’est le surnom que lui donnait entre eux les moins jeunes des plus jeunes, c’est-à-dire ses petits-enfants, ceux de la génération post-Massira.

LE PATRIARCHE …et cela lui allait parfaitement!

Quand on est à la tête d’un clan de treize enfants, tous établis, mariés, avec des enfants, d’une ribambelles de peits-enfants, dont beaucoup sont établis, mariés et eux-même père ou mère de famille, quand on règne sur une multitude d’arrière-petits enfants, le surnom de PATRIARCHE n’est pas usurpé!

Mais il était aussi et surtout un WIDADISTE PUR JUS, 100 % nationaliste, rien à avoir avec CASABALANCA, il n’était pas casablancais et ne supportait pas cette ville!

Il était WIDADISTE tendance Si Mohamed Benjelloun, ce vrai WAC des années 1940 durant lesquelles arborer les couleurs “rouge et blanc” pouvait vous conduire au poste de police le plus proche!

Il était WIDAISTE du temps où pour entendre crier le nom de ce club dans les stades sans risquer la embétements avec les autorités français, les spectateurs apportaient aveceux des canards et les laisser pousser leurs cris…Ouac…Ouac..!

Il était WIDADISTE non pas par chauvinisme sportif mais par chauvinisme nationaliste : le WAC pour lui c’était LE MAROC, c’était LE PEUPLE MAROCAIN et pour lui la fameuse formule WIDAD AL OUMMA 6 reprise ces derniers temps – après la reconquête de la Coupe d’Afrique des Clubs – prenait tout son sens.

Le patriarche nous a bassiné – oui, je peux le dire maintenant – pendant des années avec la TRILETTE DU WAC : Abdeslan – Driss – Chtouki , nous racontant cent et mille fois tel but de lk’un, telle frasque de l’autre ou tel dribble du troisième. Nous ne connaissions pas cette triplette : mais il nous l’a fait découvrir et bizarrement aimée aussi !

Les victoires du WAC était pour lui des moments de joie immense et de fierté avec une pointe d’arrogance, car pour lui le WAC ne pouvait que gagner ! Quand on lui demandait le résulat d’un match où les rouges et blancs avaient laissé des plumes, le plus souvent il disait qu’il n’avait pas le temps d’entendre les informations. Mais il fallait arrêter là la discussion, pas question de tourner le couteau dans la plaie.

Un de nos beaux-frères – grand widdatiste devant l’éternel, mais de la génération post indépendance – a eu l’occasion de l’accompagner sur les stades quand ces lieux étaient encore fréquentables : que de fois ils ont failli se faire lyncher par les supporters des adversaires du WAC au milieu desquels Le Patriarche aimait s’installer pour exprimer haut et fort son “widadisme” militant. Il faudrait qu’un jour ce beau-frère nous raconte à sa manière leur virée “widadiste” à Kenitra par exemple qui leur a laissé des souvenirs encore vivaces, malgré les années passées.

Le football pour le Patriarche ne s’arrête pas au WAC bien sûr …Il passe par le FC Barcelone aussi et il papillonne autour de tous les matches de football que la télévision veut bien lui proposer. Et il n’était jamais autant en colère contre le monde entier que lorsque, pour une raison ou pour une autre, son poste dernière génération ne fonctionnait pas. Il y aurait mille et une anecdotes à raconter à ce sujet : je les recueillerai peut-être un jour auprès de ses enfants pour les coucher sur ce blog !

Mais le véritable amour footballistique du PatriArche a toujours été le WIDAD ATHLETIC CLUB !