Qu’est-ce qui le plus important?

Bien dominer la grammaire d’une langue, d’en connaitre les règles parfois très compliquées, pas toujours logiques, souvent contradictoires, à l’occasion sujettes à des exceptions inexplicables, des règles subtiles, fines, qui permettent de jouer sur le sens et le son des mots et des phrases?

OU bien dominer les règles de la société, basée sur le respect de l’autre, le respect de la loi, sur le respect de l’autorité légitime, le respect de ce qui unit la société, notamment les symboles autour desquels se fonde l’unité d’une société, le respect de chacun de ceux qui constituent la société, quelque soit sa place dans l’échelle sociale.

Vous vous demandez pourquoi je me pose ces questions : tout simplement parce que je suis fait gentiment et amicalement, mais aussi fermement je dois le reconnaître, tirer les oreilles par des amis très chers et par ailleurs excellents arabisants , à propos d’un billet que j’ai posté en arabe et qui était truffé de fautes.

Je n’ai jamais été à l’aise dans la langue écrite arabe – pour mille et cent raisons qu’il serait trop long et et sans intérêt de développer ici – et ces fautes ne m’étonnent pas et je les assume!

Mais je ne peux m’empêcher d’être très surpris que ce qui a marqué l’esprit de mes amis ce n’est pas le contenu de message que j’ai voulu transmettre – avec des fautes, des erreurs, mais avec beaucoup de clarté et de conviction profonde – mais sa forme.

Honnêtement, pour moi KANA wa akhawatouha, la place du moubtadae et celle du khaber ainsi que leurs déclinaisons respectives et d’autres règles grammaticales ou syntaxiques n’ont jamais été mes soucis premiers!

Par contre l’unité du pays, l’amour du Maroc, le respect de la loi, mais aussi la défense des faibles contre les forts, le respect d l’homme et de la femme marocaine, la conscience intime et profonde que le Maroc doit un et indivisible malgré une histoire agitée, malgré des disparités flagrantes qu’il faut éradiquer, l’union de tous et de toutes pour servir ce pays prévaut pardessus tout!

Cela dépasse les convictions politiques, cela transcende les croyances personnelles de chacun et de chacune!

Alors quand j’ai assisté à une manifestation où tous les slogans scandés par la foule correspondait exactement à mes convictions personnelles – justice indépendante, justice juste et équitable, liberté pour des détenus condamnés à des peines trop lourdes, etc… – étaient en fait scandés SOUS DES ETENDARDS qui ne correspondaient à rien de ce qui fauisait de moi un marocain et fier de l’être, mon sens n’a fait qu’un tour et j’ai exprimé mon sentiment dans un texte de deux trois lignes en arabe, sans préter une attention spéciale ni l’orthographe ni à la grammaire!

Ce qui comptait pour c’est que la grammaire de la société marocaine était foulée aux pieds.

Etre amazigh n’enlève rien à notre marocanité, pas plus qu’être arabe, sahraoui, juif ou musulman ou même apostat ou agnostique ou boudhiste!

Et le drapeau marocain est le symbole qui recouvre toutes ces différences : brandir un autre à sa place et se dire marocaine m’a profondément troublé.

Que Sibawah me pardonne. Mais il passe après ma colère et mon indignation!