Mea culpa….Mea maxima culpa ….L’ITTIHAD RYADI TANGER a remporté le “campionato” comme on disait à Tanger, la “botola” comme on dit maintenant, la “botola Ittisalat Al Maghrib” comme dit le presse qui veut caresser dans le sens du poil son plus gros annonceur!

Bref, Tanger est champion du Maroc de foot et j’ai failli ne pas m’en apercevoir, vu que je me désintéresse totalement du championnat marocain depuis des années!

Et en découvrant que Tanger était champion, j’ai découvert aussi avec stupeur mais aussi avec un plaisir immense que le public de Tanger était un public formidable, qui n’avait rien à envier, bien au contraire aux publics les plus traditionnels du pays, comme celui du WAC ou du RAJA.

Ce public est d’une diversité absolument phénoménale : il réunit toutes les classes de la population de la ville, il est d’une correction exemplaire, il regroupe jeunes et beaucoup moins jeunes, il mobilise la gente féminine avec une ferveur toute particulière.

Il a ses ultras, dans le sens le plus sportif sportif du terme, les “ULTRA HERCULES“, avec leur “capo“, avec leurs chants où se mélangent allègrement arabe tangérois, espagnol et même français, leurs tifosminutieusement préparés, leurs olas endiablées, leur chaîne de télé, leurs fumigènesleur engagement et malheureusement leurs débordements parfois je suppose!

Mais j’ignorais tout cela …Et tout cela fait la vie d’un grand club!

J’en étais resté à l’équipe de foot de Tanger qui ramait dans les eaux troubles de la deuxième division puis dans le ventre mou de l’élite du foot national, avec des résultats en dents de scie, des valses d’entraîneurs et de joueurs venus d’un peu partout et parfois de nulle part et surtout uen crise profonde et durable!

Depuis sa création en 1983, il faut reconnaître que l’I.R.T. a donné peu d’occasions de rêver aux tangérois.

Née de la fusion de diverses petites mais historiques équipes de la ville qui galéraient en troisième division ou en division d’honneur, en “ligue” comme on disait à l’époque je crois, avec l’ancienne RENAISSANCE DE TANGER, la nouvelle formation n’a pas donné d’occasion spéciale au public de Tanger de s’enflammer.

Juste une place de vice-champion, deux quarts finale de Coupe du Trône, une vague qualification en Coupe de la CAF : pas de quoi soulever l’enthousiasme populaire!

A Tanger, les gens étaient plutôt branchés sur la Liga espagnole en général et le Barçà en particulier.

Mais l’arrivée de Abdelhamid ABERCHANE, au moment où l’équipe était en passe de se noyer dans les profondeur du classement et risquait de retrouver la division “amateur”, a permis la renaissance du club. Discret malgré son passé d’homme politique et d’élu, ce dirigeant a su être compétent et efficace.

Et les résultats sont là….Bravo et respects donc à Si Abdelhamid ABERCHANE, à son staff, à son entraîneur Driss M’RABAT, à ses joueurs, et à son public ….

  

On peut donc comprendre la fête extraordinaire que les tangéroises et les tangérois ont réservé à l’ITTIHAD RYADHI de TANGER!