Dès que je découvre un roman marocain écrit en français, en général, je me précipite et me dis que je vais enfin trouver la perle rare, le livre qui va m’enthousiasmer, me faire réver, me réconcilier avec les auteurs qui ont permis à la littérature marocaine francophone d’exister.

Et très souvent, je suis déçu….Je le dis, je l’écris, clairement, en toute conscience, car je trouve que ce n’est pas en reprenant les quatrième de couverture rédigées par les équipes de l’éditeur – dont le seul but est de vendre son produit – que les lecteurs et ceux qui communiquent sur le livre marocain participeront à son essor!

Il en est ainsi du dernier roman que j’ai tenté de lire : “LE SILENCE BLANC” de Mokhtar CHAOUI, paru en 2015 chez les éditions SALINA.

Une première remarque s’impose en ce qui concerne le choix du titre du roman : Mokhtar CHAOUI, docteur d’Etat es lettres, enseignant-chercheur à la faculté des lettres et des sciences humaines de Tétouan où il enseigne La littérature française et la méthodologie de recherche, ne pouvait pas – en principe – ignorer que “LE SILENCE BLANC” était le titre d’une nouvelle très connue de l’américain Jack LONDON, certes datant de 1899-1900 mais quand même traduite et publiée en français en 2015.

Pour moi, ce n’est pas un détail, considérant l’auteur comme un enseignant en “méthodologie de la recherche”!

Pour en revenir au roman en tant qu’oeuvre, le sujet devrait permettre la construction d’un beau projet littéraire : la rencontre d’une enfant marocaine et d’un artiste et écrivain français.

Cette rencontre, impropable et peu crédible, croise le destin “d’une enfant du Maroc profond, vendue comme bonne par ses parents” : et bien sûr, cela nous plonge dans le misérabilisme le plus misérable, avec son lot habituel de scènes où la misère est de mise, car le Maroc profond ne peut être que misérable!

Oui, je veux bien, chacun a sa manière de voir son Maroc..

Mais poruqoui donc Mokhtar CHAOUI se croit-il obligé de m’infantiliser en tant que lecteur en recourant à une langue française déformée, qui n’est ni du français ni du marocain …ni le sabir que les marocain/es parlent dans leur vie quotidienne!

Pourquoi dès les premières lignes de son roman, m’inflige-t-il ce “baba dialy” ce “Rebbi qui sait tout” ou encore ce “koulchi” et surtout ces “pouquoi” ou “kikchose”…Non, Monsieur Mokhtar CHAOUI, je ne lis pas unr rioman écrit par un universitaire pour y trouver ces enfentillages?

Même si la critique semble trouver votre écriture est à “couper le souffle”, selon l’éditrice Anita Benchenko : pour moi, elle est surtout à couper tout intérêt pour la lecture de votre roman!

Dommage car le sujet du roman est d’une importance capitale : des milliers d’enfants de ce pays vivent dans des conditions plus que déplorables, parfois inhumaines, entre misère et pédophilie, entre exploitation et rejet, entre déchéance et désespoir!

Encore une fois, pourquoi publier un livre juste pour le plaisir de voir son nom imprimer sur une couverture?

Un livre a un rôle qu’il faut respecter et honorer : dommage qu’un professeur de littérature s’en serve pour recueillir les bonnes grâces des critiques étrangers..

Et nos journalistes participent à cette mascarade littéraire en la glorifiant jusqu’au ridicule ou en reprenant fidèlement les élans publicitaires de l’éditeur.. Auraient-ils été aussi enthousistes s’ils avient vraiment lu le roman dont ils parlent?