Après le voyage en "Musulmanie", nouvelle province française, je viens d’entreprendre un périple en “Négronésie française“, cette très ancienne province française, mais comme son nom l’indique elle est multiple est diverse!

NEGRONESIE …Je me suis permis ce néologisme (bâti sur le modèle Polynésie : îles nombreuses) quand j’ai découvert grâce à l’ouvrage de Stephan SMITH et Géraldine FAES édité en 2006 par la maison PANAMA sous le titre “NOIR ET FRANÇAIS!” qu’il existe en France une multitude d’îles sociales marquées par la couleur noire de la peau de ceux qui les habitent.

On pensait que le racisme social – blancs VS noirs et vice-versa – était l’apanage des la société nord-américaine malgré leur fameux melting-pot.

La France a ses noirs et elle n’assume pas cette situation. Cela remonte à l’Ancien Régime et depuis chaque siècle a engrangé son lot de noirs ou de nègres ou de gens de couleur, en les affublant de qualificatifs plus ou moins farfelus pour ne pas dire méprisants : du Code Noir mis en place par Colbert pour réglementer l’esclavage et la traite des noirs, l’homme noir en France est passé du statut de “bête de scène” (explosé dans les foires et les expositions) et de “indigène” ‘exploité jusqu’à la dernière goutte de vie, à celui de “auxiliaire“, chargé de mater la résistance de ses propres frères exploités, enfin à celui de “immigré” reçu sur le territoire de la métropole en manque de main d’oeuvre.

Le noir français n’est devenu “compatriote” qu’après la deuxième guerre mondiale après que des milliers d’africains aient donné leur vie pour libérer la France contre une solde de misère. La France a eu un président de Sénat issu des Territoires d’Outre-Mer et des députés et ministres africains.

Cette longue et douloureuse histoire a laissé des traces, des stigmates, des rancœurs, des rancunes, des comptes non soldés, des espoirs inassouvis et des promesses non tenues!

La France a eu des grands intellectuels qui ont défendu le concept de “négritude“avec talent et passion, comme le sénégalais Léopold Sédar Senghor ou le martiniquais Aimé Césaire, alors que d’autres non moins brillants ont critiqué cette idée comme Cheikh Anta Diop.

De tout cela, il en résulte qu’au début du XXIème siècle, la France se trouve confrontée avec sa “question noire” qui est entretenue et amplifiée par toute une frange d’intellectuels de couleurs, qui vont jusqu’à chercher les origines de leur “africanité” dans l’histoire de l’Égypte ancienne.

Ainsi on voit dans la société française actuelle, des îlots de population noire qui forme un archipel de contestation et résistance plus ou moins dure sinon violente!

Du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) aux élucubrations de l’humoriste DIEUDONNE, en passant par les prises de position de la romancière d’origine camerounaise Calixthe Beyala et celles de l’auteur-journaliste antillais Daniel Picouly, avec un crochet par les sportifs engagés comme Lilian Thuram, les français d’origine africaine ou ceux natifs des territoires d’outre-mer s’affirment de jour en jour avec une “visibilité” plus grande dans les médias et à la télévision et même dans le monde politique avec des personnalités comme Christiane Taubira!

Les émeutes de décembre 2005 ont surement changé la donne mais toujours est-il que la société française actuelle continue à égrainer son chapelet de “négronésie” sans arriver à constituer une vraie nation une et unie.