Comme c’est agréable de lire un texte court, bien écrit et percutant!

Paf…on le prend en pleine tronche mais cela fait quand même du bien. Cela rassure de savoir que l’on peut trouver dans les livres quelque chose de vrai, de sincère, parfois de profond sans être ostentatoirement intellectuel.

Ainsi, j’ai découvert “LETTRES A MA GÉNÉRATION” de Sarah ROUBATO, une blogueuse qui a décidé de faire éditer en janvier 2016chez Michel LAFON sur papier ses billets. Et elle a bien fait …

Sarah ROUBATO a connu la célébrité par un de ses billets écrit quelques jours après les attentats meurtriers de Paris de novembre 2013.

Le texte est dur, le ton bouleversant, mais sans haine, juste de la colère et aussi des questions, du genre : “L’aberration de l’acte terroriste ne devrait pas nous empêcher de nous remettre en question. alors que pourrons-nous faire?“.

D’autres billets sont plus sereins, forcément, comme sa lettre à sa maîtresse, où elle se souvient de cette enseignante de CM1 qu’elle n’a jamais oublié : “Vous nous en demandiez tant. Mais vous en donniez tant” lui écrit-elle en ajoutant plus loin ; “Cette exigence, vous l’appliquiez avant tout à vous-même“! Nostalgie d’une enseignante dont le moule est cassé et le modèle disparu.

Entre une lettre à Internet qu’elle aime comme “puissance de diffusion” et qu’elle maudit “comme mode de communication” et une lettre à Emile ZOLA à qui elle demande “ce qu’il penserait de la presse d’aujourd’hui“, elle écrit des lettre à son piano,à une musicienne de rue, ou à un carnet perdu.

En tout, une quinzaine de petits textes forts agréables à lire et tout aussi intéressants et pas nécessairement destinés aux trentenaires, donc des lecteurs de sa génération, mais à tous ceux qui partagent avec elle une certaines visio du mode.

Pour en savoir plus sur cette blogueuse, jetez un coup d’oeil à ce lien : https://www.sarahroubato.com/

Entre la lecture de ces lettres, j’ai pu lire quelques autres petits textes, en fait des nouvelles, réunies, par Fadela AMARA, à l’époque présidente de “Ni Putes ni Soumises” sous le thème MIXITE(S) et publiées en 2007 par les éditions Thierry MAGNIER.

Neuf auteurs de notoriété et d’horizons différents ont, chacun à sa manière, abordé la problématique de la mixité, c’est-à-dire le mélange entre garçons et files, le mélange entre pratiquants de religions différentes, le mélange entre banlieue et centre ville.

La canadienne Nancy HUston et la réalisatrice française Baya Kasmis’en prennent directement à Dieu pour régler ce problème : la première en déclarant haut et fort “Ni Dieu ni cul” à propos de la liberté d’expression qui bride la sexualité et favorise le prosélytisme et la seconde en s’adressant à “Cher Dieu” pour denoncer le racisme qui nait en elle, parce qu’elle détste les arabes, elle qui est d’origine arabe.

l’écrivain français d’origine camerounaise Gaston KELMAN raconte en quelques pages la calvaire d’un de compatriotes qui débarque à Paris, se retrouve dans la même ambiance que celle qu’il a fuie de son village natal, avec la misère en plus et qui, comme un autre de ses compatriotes, tentera de trouver le “sésame de la mixité” qui aura “une vingtaine d’années”, sera “assez dodue de partout et un peu simplette”.

Même Marc Lévy apporte son grain de sel avec une nouvelle sur les relations difficiles entre les français et les “porto” alors qu’ils coexistent tous dans une banlieue pourrie.

Les autres textes sont plus ou moins bien réussis mais chacun touche une facette la mixité ou plutôt des mixités!