L’éducation, c’est la famille qui la donne ; l’instruction, c’est l’Etat qui la doit“.

Cette phrase est attribuée à Victor HUGO mais il faudra bien reconnaître que l’évidente clarté de la citation du poète français a bien du mal à être appliquée à la situation actuelle de notre pays,

La famille marocaine actuelle donne-t-elle à ses enfants l’éducation dont ils sont besoin?

Permettez-moi d’en douter très fortement! Et mon doute est de mise pour toutes les couches de la population!

Nos familles bobos des quartiers huppés, héritières de parents soixante-huitards ou elles-mêmes formées de “soixante-dizards” nationaux (comme les qualifie Habib Mazini dans “Le Patriote irrévérencieux), élèvent des “enfants-rois” qu’ils ne faut ni corriger, ni engueuler, de peur de les traumatiser.

Cela donne des petits morveux insupportables, croyant tout savoir!

Avec leur tablettes branchées sur le net, ces gamins et gamines connectés n’ont plus aucune considération ni pour leurs enseignants ni pour leurs parents, qu’ils traitent de ringards et dont attendent qu’ils satisfassent tous leurs petits caprices!

Nos familles moins favorisées par le sort, héritières des années difficiles et victimes des vagues successives de l’obscurantisme, véhiculées par les télévisions satellitaires et relayées par les professeurs d’éducation islamique en mal de reconnaissance sociale, se volient confrontées à des enfants qui leur renient toute autorité : n’ayant ni les moyens financiers de s’occuper de leur progéniture ni les moyens intellectuels d’imposer leur autorités, ils ont vite fait de démissionner du rôle qui est en principe le leur.

Entre les deux, les familles des classes moyennes naviguent difficilement entre une génération d’adolescents avides de savoir et pleins d’espoir dans l’ascension sociale et des parents littéralement dépassées par les problèmes quotidiens et submergées par les difficultés de tous ordres (transport, augmentation du coût de la vie, santé, loisirs, etc…). Les enfants sont ce cas sont souvent livrés à eux-mêmes, sans repères et sans garde-fou, confrontés aux tentations et aux dérives.

Bien sûr, ce schéma peut sembler réducteur mais il correspond à la trame de la société marocaine actuelle !

Ce n’est pas en 2016, qu’une maman analphabète pourra exiger de ses enfants qu’ils fassent leurs devoirs ou qu’ils lui montrent les cahiers ou leur carnet ou bulletins de notes.

Donc, l’éducation qui est du ressort de la famille est déjà en faillite, de par la démission volontaire ou involontaire, consciente ou inconsciente, justifiée ou non, des parents

Sera-t-elle compensée par l’apport de l’école?

Sûrement pas, car ce n’est pas le rôle prioritaire de l’école que d’éduquer les enfants! Malgré le titre ronflant et prétentieux porté par le ministère de l’ Education Nationale…

Le voudrait-elle qu’elle ne pourrait pas!

Par contre, l’école, donc l’état, ont pour rôle de d’instruire les générations à venir ! Donc en premier lieu alphabétiser, puis inculquer les bases de la langue, de la lecture, du calcul, avant d’initier à l’histoire et à la géographie, à la vie en société et enfin à préparer le jeune au raisonnement et à la critique! Voilà le premier de l’école, de l’instruction et c’est à l’état en tant que pouvoir régalien de l’assurer pour l’ensemble des citoyens suir tout le territoire !

L’école publique est une obligation pour l’état au même titre que la santé publique, de la sécurité publique, que la justice et la défense nationale!

Les agents de l’état chargés de cette mission nationale qui ne l’accomplissent pas avec dévouent devraient être passibles d’une accusation d’atteinte à l’état et à ses missions. Ils doivent être sanctionnés, comme le serait un déserteur qui fuit le champ de bataille ou un médecin qui refuse de soigner un malade!

Or, depuis des années, les enseignants ont rejoint les colonnes des fonctionnaires dont le seul but est l’avancement et dont l’unique préoccupation est d’amasser de l’argent, en donnant des cours particuliers, en assurant des heures dans établissements privés. L’absentéisme dans ce secteur est un vrai fléau, que ce soit pour cause de maladies grâce aux certificats médicaux de complaisance soit suite aux grèves lancées par la kyrielle de syndicats!

Et c’est à ce niveau que l’état est défaillant : les enseignants sont dans un mode d’impunité totale! Aucune sanction n’est prise contre les instituteurs défaillants, contre les professeurs incompétents, contre les enseignants de tous les niveaux qui délaissent les élèves et étudiants du public pour aller “se prostituer” dans les établissements privés! Oui je dis bien “se prostituer” !

Que pouvons-nous attendre de notre jeunesse qui ne reçoit ni l’éducation que sa famille est en devoir de lui donner ni l’instruction que l’état est en devoir de lui assurer !