Il est rare de trouver chez un bouquiniste les deux tomes d’un ouvrage, sagement disposés sur une étagères cote à cote, comme attendant un éventuel lecteur.

Les deux tommes de UNE AUTRE HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE de Jean d’ORMESSON, dans une édition FOLIO datant de 2005, me tendaient les bras et je ne pouvais ne pas les prendre.

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D’une part, j’aime bien Jean d’Ormesson, sa manière élégante de ne pas se prendre au sérieux, son coté vieille France aristocratique, son humour et jusrtout sa jovialité. Ce n’est pas un un grand auteur, c’est juste un homme intelligent et de bon goût.

D’autre part, le fait que cet homme nous fasse part de ses préférences littéraires ne pouvait donc que m’interpeler sinon m’intéresser.

Et je n’ai pas été déçu.

En effet, Jean d’Ormesson, fort d’une expérience littéraire télévisuelle auprès d’une chaîne aujourd’hui disparue, en l’occurrence LA CINQUIÈME, présente à ses lecteurs un florilège d’hommes et de femmes de lettres français, sans grand souci de chronologie ni d’un quelconque classement sinon l’inspiration de l’auteur.

Si le premier tome commence par l’évocation des “quatre chroniqueurs” à qui l’on attrribue la naissance de la littérature française (entre les XXIIème et XVIème siècles) et se clôt sur un chapitre réservé à la mythique N.R.F. et bien sûr à GALLIMARD, la maison d’édition qui lui est intimement liée, on retrouve pratiquement pêle-même quelques grands auteurs et une présentation des grands courants litéraires , qui ramènent le lecteur aux fondamentaux acquis au lycée.

Le second tome semble plus personnel dans le choix moins académique des écrivains présentés.

A coté de Villon et Hugo, de Mariveaux et Péguy, de Musset et Mauriac, de Rousseau et Zola, le lecteur peut trouver plusieurs femmes de lettres telles Mme La Fayette, Mme Desbordes-Valmont, Colette forcément et Marguerite Yourcenar et quelques auteurs relativement peu connus comme Valéry Larbaud (1881-1957), “auteur du deuxième rayon”, ou encore Jean-Paul Toulet (1867-1920) , “drogué, habitué des terrasses de café mais amateur très doué, poète léger et déchirant”, ou bien Roger Caillois (1913-1978), pratiquement oublié malgré “la prodigieuse variété des disciplines et des thèmes qu’il a explorés”.

Je crois qu’avoir ces deux ouvrages à portée de la main peut permettre de réaliser des fréquents voyages dans la littérature française, surtout que chaque chapitre est écrit comme le précise Jean d’Ormesson avec “impertinence, dans tous les sens du mot”.