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Après avoir parler de Catherine Graciet, plus éleveuse de chevaux que journaliste et plus magouilleuse qu’écrivain, je m’arrête sur le cas très particulier de Eric LAURENT !

On nous a toujours dit qu’il faut juger un écrivain, non pas sur sa personne, son caractère, ni même sur ses prises de positions, mais sur son œuvre !

Bien !

Eric LAURENT est-il un écrivain ou un nègre? Ou pire un mercenaire de la plume?

Cet homme a prêté ses services à Hassan II pour la rédaction de LA MÉMOIRE D’UN ROI publié en 1993 !

Quelques années plus tard, il réitère son expérience pour LE GÉNIE DE LA MODÉRATION, paru juste après la disparition du monarque et préfacé par le nouveau souverain!

Je ne pense pas qu’Eric LAURENT ait sacrifié son temps et son “talent” par simple admiration pour le roi du Maroc !

Chaque écrivain est libre de se prêter ou pas à ce genre d’exercice, surtout quand il s’inscrit dans cette belle constance hagiographique!

Or, Eric LAURENT a soudain changé de cap : le successeur de Hassan II devient, dès 2012 et par on ne sait quel miracle, LE ROI PRÉDATEUR!

D’hagiographe du père, Eric Laurent, le grand journaliste, le spécialiste du Maroc, s’est mué très vite, en quelques mois, en contempteur du fils ! Situation pur le moins bizarre et qui doit forcément avoir des raisons !

Revenons un peu sur la “production” de Eric LAURENT : on y trouve un curieux ouvrage : LES CHEMINS DE MA VIE. Paru en 1999, il s’agit là d’une biographie édulcorée Henri Konan Bédié, président controversé de la Côte d’Ivoire entre 1993 et 1999. Peut-on imaginer un moment que ce genre d’ouvrage soit le fruit de simple volonté de l’auteur d’apporter un témoignage : il est certaine que la contrepartie a due être sonnante et trébuchante ! Normal, toute peine mérite salaire, surtout celle d’hagiographe.

Par ailleurs, quand on consulte la bibliographie de Eric LAURENT, on peut être impressionné par le nombre de livres-enquête qu’il a produit et sur la diversité des sujets qu’il y a abordé !

De la Guerre du Golfe au financement des bolcheviks, du pétrole aux négociations israélo-palestiniennes, de la famille Bush aux milieux financiers, de la vache folle à la guerre du Kosovo, on peut se demander comment un simple journaliste peut accéder aussi facilement à autant de sources et comment il peut dominer autant de sujets aussi complexes que différents!

Je crois que même ses éditeurs ont à un certain moment émis des réserves à sujet et se sont posés des questions! Mais l’homme avait déjà forgé sa réputation de “journaliste d’investigation” et comme le spécimen est rare dans le métier, on se contentait de ce qu’il y avait de disponible.

Entre deux “enquêtes” et deux publications “sérieuses”, Eric LAURENT se faisait plaisir et sortait des romans policiers ou d’espionnage dont on parle peu ou presque pas : kARL MARX AVENUE, LE FLEUVE DES ABYSSES, LA MORT VOUS A CHOISI, SETH COLTRON, LE TROISIÈME FLÉAU, LA CONSPIRATION WAO YEN !

On pourrait croire que notre journaliste-auteur a fini par se mélanger les pinceaux et à coire que ce qu’il racontait dans ses romans était le réalité !

Enfin tout cela n’est pas très sérieux et Eric LAURENT a fini par tomber lui-même dans les magouilles qu’il décrivait dans ses livres et se prétendues enquêtes!

Faire chanter un chef d’état, après l’avoir sali, est la démarche d’un esprit fragile, qui n’arrive plus à démêler la réalité de la fiction!

Eric LAURENT ne mérite pas l’intérêt qui lui est porté : c’est un homme fini !