Aujourd’hui, je vous propose un roman à lire avec beaucoup de précautions, car il peut vous procurer la haine du blanc – de l’européen en général, du français en particulier – !

Ce roman peut aussi attiser aussi votre mépris pour les européens qui se prennent pour le centre du monde, mais qui il y a quelques décennies, se comportaient pire que les pires des humains dans leurs relations avec les africains !

Les français qui se présentent aujourd’hui comme les pionniers des droits de l’homme et comme les chantres de la déclarations de 1789, ne reniaient il y a u siècle à peine les idées de Jules Ferry :

“Est-ce qu’il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l’Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ?”

C’est justement de ces “malheureuses polupations de l’Afrique équatoriale” qu’il est question dans ” LE QUART D’HEURE COLONIAL” deJean-Claude DEREY édité en janvier 2009 par les Editions Alphée.Jean-Paul Bertrand

colonial

Le roman porte un bandeau qui précise que c’est “Le roman de la colonisation”.

Plus concrètement, il s’agit d’un roman sur la colonisation, sur les colons français en Afrique Equatoriale à la veille et durant la première guerre mondiale, sur les populations africaines exploitées, humiliées, décimées par les maladies, un roman sur la bêtise des blancs arrogants et sur la soumission des noirs impuissants!

Mais c’est aussi un roman sur la femme : la française des colonies, femelles oisives et aigries, souvent délaissées par leurs maris et l’africaine soumise mais effrontée, malicieuse et à la limite dévergondée !

Egalement, un roman sur l’amour, sur la fraternité, sur les trahisons!

Ce roman est accessoirement un roman sur la guerre, sur ses horreurs, sur la désolation qu’elle sème, sur les victimes qu’elle laisse.

Un roman sur la mort! Un roman sur le coté obscur de l’homme, ses vices, ses tares, ses ambitions.

“LE QUART D’HEURE COLONIAL”, tout au long des ses 600 pages, nous entraîne dans un tourbillon d’aventures, de situations et de personnages évoluant autour d’un fil conducteur conducteur : la vie deux frères, l’aîné Diallo rebelle dans l’âme et rétif à l’autorité coloniale et son cadet Ulysse soumis malgré sa culture occidentale.

La lecture de pavé aurait pu être difficile n’eut été le style absolument original utilisé par Jean-Claude DEREY.

Dès le titre, le lecteur est placé au centre du monde très particulier des colonies françaises en Afrique Equatoriale : en effet “le quart d’heure colonial” est une expression typique qui caractérise “l’instant de folie qui s’empare du Blanc, coincé entre les mamelles du sexe et de l’apéro sous les tropiques.“.

Le roman est écrit dans style percutant, truculent, qui rend très bien le langage imagé des africains qui découvrent la langue française !

Les gens ne se pressent pas, “ils font avion”! Aux colonies, on ne fait pas la sieste : on sieste, tout simplement!

Il suffit de dire “La vérité vraie” ou “La vérité seulement” pour donner à ses propos de le cachet de la vérité et de la sincérité!

Les couples nouvellement convertis au christianisme ne divorcent pas : ils “se démarient”!

Le roman est truffé de proverbes africains, de tournures africaines, de références à la faune et à la flore africaine!

Pour la lecture de ce roman laisse un gout amer : comment et pourquoi des êtres humains ont pu traiter d’autres êtres humains avec autant de mépris et autant de violence?

Question naïve peut-être mais la réponse n’est pas encore trouvée cent ans après et les conséquences sont encore bien visibles chez les uns comme chez les autres!

Il faut reconnaître à l’auteur le courage de dénoncer cette situation, avec fermeté et aussi avec talent !