Depuis le début de Ramadan, je n’ai pratiquement pas ouvert un livre ! La fatigue d’une part et d’autre part une actualité chargée nécessitant beaucoup de temps et d’attention m’ont pratiquement privé d’un de mes plaisirs préférés, à savoir la lecture!

Hier, j’ai décidé qu’il était temps de revenir aux bonnes habitudes et comme souvent, j’ai choisi un livre au hasard, me fiant d’abord à la jaquette sur laquelle est reproduit un portrait du maréchal Lyautey!

Le titre n’avait rien de particulièrement attirant : “LES CINQ GARDIENS DE LA PAROLE PERDUE” ! Cela peut cacher n’importe quoi, surtout que l’éditeur Casa Express Éditions a tenu à préciser que cette publication datée de février 2013 est : “le premier roman fantastique marocain”!

L’auteur El Mehdi ELKOURTY m’étant complètement inconnu, je me suis dis qu’il y avait là de quoi meubler ce long dimanche de canicule ramadanesque!

les 5 gardiens

Mal m’en a pris !

Dès les premières pages de ce roman, j’ai compris qu’un biologiste doublé d’un qualiticien a très peu de chance de donner un romancier, surtout à l’âge de trente ans!

Pour cela il faut soit soit un talent exceptionnel, une imagination sans borne, soit un style éblouissant ! Bref, être romancier et de surcroit romancier fantastique n’est pas à la portée du premier “écriveur” venu qui s’installe devant son PC et se prend pour Stephen KING (Shining ou Carrie), Ray BRADBURY (Fahrenheit 451) ou J.K. ROLLING (Harry Poter)!

Choisir de raconter une enquête sur la franc-maçonnerie au Maroc – ce qui justifierait le portrait du maréchal qui aurait partie de la confrérie – n’est pas une mince affaire!

Je reconnais volontiers que j’ai eu beaucoup de mal à suivre cette enquête et ce n’est pas faute d’avoir essayé de m’accrocher à des personnages aussi farfelus les uns que les autres , des dialogues à l’emporte-pièce, des descriptions approximatives et des situations rocambolesques!

Ce mille-feuille ou plutôt cette salade où selon la 4ème de couverture ” conflue (sic : le verbe n’est pas accordé au pluriel) mythologie, histroire, religion et polar” s’avère à la lecture être une véritable “harira”, épaisse, lourde, et totalement indigeste! !

L’auteur aurait pu, il aurait dû même, faire ses armes dans un genre romanesque plus aisé et moins exigeant! Le roman fantastique peut révéler en effet une lecture fantastique, dans le sens de merveilleux!

Ce n’est pas le cas pour ce premier opus de ce jeune romancier en herbe!

Dommage! Mais j’ai envie de lui dire : “Vous êtes jeune encore, et l’on peut vous instruire”!