Nous connaissons tous cette expression qui accompagne, sur les télévisons espagnoles, la rediffusion au ralenti des phases de jeu intéressantes ou des buts marqués ou ratés!

“Repeticion de la jugada!”

Il se trouve que nous venons d’assister à une “repeticion de la jugade” grandeur nature d’un phénomène politique qui s’est déjà produit dans notre pays il y a bientôt deux décennies!

En 1996, le Mouvement Populaire Démocratique et Constitutionnel, parti politique vide d’idéologie, vide de partisans, mais bien ancré dans le paysage politique national par la seule existence de son patron, le docteur Abdelkrim EL KHATTIB, a offert sur un plateau d’argent sa coquille vide à Abdelillah Benkirane pour que le Parti de la Justice et du Développement y fasse son nid et qu’il prospère!

En 2015, on voit le Mouvement Démocratique et Social, créé par un ancien commissaire de police Mahmoud Archane et dirigé actuellement par son fils, s’ouvrir aux salafistes-dhihadistes, avant-hier militants activistes, hier prisonniers et aujourd’hui graciés et repentis et à quelques chiites déclarés!

archane

Le M.S.D. de Archane père et fils est un parti encore plus vide que ne l’était le M.P.D.C. de feu le docteur Khattib mais le résultat technique sera le même : demain, le M.S.D. sous l’influence massive de ses nouveaux “invités” va changer de nom et s’appropirer enfin une idéologie!

Si l’expérience de 1996 était dictée par le tout puissant ministre de l’intérieur de l’époque, feu Driss Basri, grand manipulateur devant l’éternel, ce mariage bizarre et pour le moins inattendu semble s’inscrire dans l’initiative des leaders salafistes qui ont compris que seul le chemin démocratique qui passe par les partis et les élections peut leur ouvrir la voie vers les voix des électeurs et leur permettre d’avoir une visibilité politique.

Les prochaines élections communales, municipales et régionales seront le premier test grandeur nature pour le M.S.D. nouvelle formule, pour autant qu’il garde le même sigle d’ici là!

Pour ma part, je me pose des questions sur la double présence dans ce minuscule espace politique de “salafistes”" et de “chiites” : réussiront-ils à s’entendre et à lancer une nouvelle manière d’aborder la réflexion religieuse au Maroc, en l’adaptant à la réalité politique et aux exigences temporelles?

Par ailleurs, il sera intéressant de voir comment le P.J.D. va réagir à l’apparition sur le champ politique de ces acteurs, hier honnis et bannis, et aujourd’hui reconnus et peut-être redoutés!